‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 357 sur 613 · MARTYRE DE PAUL ET DE PIERIIF · texte numérisé non relu

MARTYRE DE PAUL ET DE PIERIIF

!;i trfo on l)ns. Clcnicnt d'Alexandrie rap;;orte que sa fommc le précéda an supplice, et qne l'apôtre lui dit ces simples et belles paroles, en l'appelant par son nom : « Toi, souviens-toi du Seigneur^ ! » Caïus, qni vivait au commencement du troisième siècle, prétendait avoir vu à Rome les tombeaux des deux apôtres, et nous n'avons aucune raison pour récuser son témoignage-. Dans le grand nombre de légendes accumulées sur la mort des deux apôtres, il en est une qui, sans avoir aucune valeur historique, a une réelle beauté. Nous lisons dans les Actes des saints que comme Pierre cherchait à s'éloigner de Rome, pour échapper au martyre, il vit soudain apparaître Jésus-Christ devant lui. Il lui demanda : « Seigneur, où vas-tu? » Le Seigneur lui répondit : «< Je vais à Rome pour être crucifié. » L'apôtre comprit que c'était à lui à accomplir cette parole^. C'était bien en effet Jésus-Christ qui était crucifié et immolé dans la personne de ses disciples dans cette affreuse persécution. Ils puisaient dans cette certitude toute leur force et toute leur consolation.

Tandis que le paganisme engageait ainsi une guerre cruelle contre TEglise, le judaïsme, en Palestine, persévérait dans la haine qu'il lui portait. Jacques, frère du Seigneur, fut rais à mort peu de temps avant Pierre et Paul. Ni sa grande popularité, ni le respect unanime qu'il inspirait ne le sauvèrent. Il comptait ses adversaires les plus implacables parmi les pharisiens. Il était, comme nous l'avons dit, un Juif selon le cœur de Dieu, et, par

1 Clément, Sfrom.,\\\, 736. — « Eusèbe, II, 23. — 3 Ada sandorum, Jiinii, IV, p. 432.

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la même, iiifiuimeiit élevé au-dessus du judaïsme de sou temps ; car il était impossible de saisir avec proi'oudcur lAncieu Testament sans aboutir au Aouveau. Sa piété si élevée, si siucère, était la condamnation ilagraute du pharisaïsme, condamnation d'autant plus directe qu'elle conservait davantage la forme de l'ancienne religion.

D'après le récit dliégésippe', l'influence de Jacques croissant de jour en jour, les scribes et les pharisiens essavèrent de l'amener à renier sa foi devant tout le peuple rassemblé pour célébrer la fête de Pàque. « Persuade à la foule, lui dirent-ils, de ne pas tomber dans l'erreur à l'égard de ce Jésus-. ]Xous avons tous confiance en toi, ainsi que le peuple, qui sait que tu es un juste, et que tu ne regardes pas à l'apparence des personnes. » Ils le conduisirent au haut du temple et l'iuterrogèreut devant la multitude : « Dis-nous, ô juste, lui demandèrent-ils, dis-nous quelle est la doctrine de Jésus '. » « Vous m'interrogez, répondit Jacques , sur Jésus le Fils de l'homme : il est dans le ciel à la droite du Tout-Puissant, et doit en revenir sur les nuées. » A ces mots, hs nombreux chrétiens qui étaient dans la foule entonnèrent uuhosauna. Les ennemis de Jacque-, furieuN. de voir tourner contre eux leur tentative inique, se jettent sur lui, le renversent du haut des degrés du temple, et commencent à le lapider. Tandis que le juste, expirant, i)rie pour ses bourreaux, un artisan fanatique

î Le récit d'H(i;^ésippe se lit Eusèbe, //. E., II, 23. Nous le citons d'après le texte donn*^ par Uouth, Reliquix sncrx, I, p. 209-211. * W-J.zzi cjv z-j -rbv c/Asv Tîp't 'lr,c:oj [rr, '::XavasOa'.. (P. 210.) 3 T(; f, Oypa; Au sens littéral : « Quelle est la porte? » c'est-à-dire ce qui introduit dans la secte, en d'autres termes, la doctrine.

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