‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 364 sur 613 · LA FOI UNIE AUX ŒUVRES · texte numérisé non relu

LA FOI UNIE AUX ŒUVRES

lin silence complet sur la loi céréraoniolle; il n'en dit pas un seul mot; il ne fait aucune allusion à la circoncision, ni aux rites du culte mosaïqiie, ni aux sacrifices. S'il eût vraiment représenté une tendance judéo-chrétienne, ennemie de la tendance de Paul, il lui eût été impossible de ne pas combattre dans sa lettre le libéralisme qui tendait à s'établir de plus en plus dans la pratique chrétienne. Jacques se montre à nous dans son épître tel que nous l'avons vu dans les Actes ; il ne donne aucun caractère universel et obligatoire à la pratique du mosaïsme; il ne se conforme à ses rites qu'en raison de sa nationalité, et il n'insiste que sur le grand et éternel principe de toute morale : la conformité à la volonté de Dieu.

Ainsi entendue, la loi, bien loin d'être en opposition avec la foi, lui est intimement liée; Jacques ne les sépare pas. Fidèle à son point de vue pratique, il fait ressortir l'indissoluble union de la foi et des œuvres. Profondément convaincu que l'obligation morale subsiste sous l'Evangile comme sous l'ancienne alliance, il combat toute tendance qui, sous prétexte de rapporter le salut à la foi, diminuerait l'importance des bonnes œuvres. Il ne prétend pas que celles-ci suffisent pour justifier l'homme*. Une foi vivante les produit comme un germe vivant produit un épi : « Montre-moi ta foi par tes œuvres, » s'écrie-t-il". Bien loin de plaider,

de ceUe expression, en y voyant simplement une allusion à la parabole du semeur. {Hist. de la théol. chrétienne au siècle apost., l, 378.)

1 Jacques parle d'une imputation à justice : \o'(i^zOx'. £i; c-.y.ai:cuvr^v. (Jacq. II, 23.)

»Jacq. 11,18,

4U l/AMOUR EST L'ŒUVRE PAR EXCELLENCE.

comme on l'en a accusé, la cause des œuvres méritoires, il s'attache h nous présenter la véritable idée de la foi. Il écarte la croyance séparée des œuvres, parce qu'elle est 7fwrte en elle-même ' . Quand il dit qu'Abraham a été justifié par les teuvres, il se hâte d'ajouter que la foi agissait avec ses œuvres-. Il n'est pas exact de prétendre que Jacques n'a vu dans la foi que la confiance en Dieu, le contraire du doute et de l'irrésolution, et qu'il n'a pas dépassé à cet égard les idées de l'Ancien Testament^. Elle doit être pénétrée, selon lui, d'un saint amour, et se distinguer ainsi de la foi des démons, lumière sans chaleur qui les éclaire sans les changer : « Ils croient et ils tremblent^. » Croire sans trembler, c'est se reposer entièrement sur l'amour de Dieu, c'est l'aimer, et c'est aussi par l'amour qu'une telle foi se manifeste. « II y aura une condamnation sans miséricorde pour celui qui n'aura pas usé de miséricorde. La miséricorde s'élève par-dessus la condamnation^. » La dureté est d'autant plus condamnable chez le chrétien qu'il a été l'objet d'une compassion infinie. Cette compassion divine nous commande l'esprit de pardon; elle rend notre propre sévérité sans excuse. Ce grand fait du pardon de Dieu accordé à l'humanité, est clairement exprimé ailleurs par saint Jacques. Il dit du malade, pour lequel ou prie avec foi, que s'il a commis des péchés ils

» Nî-xpa hv. -/.aO' âxuvrjV. (Jacq. II, 17.)

* 'H rJ.izt.^ !j'jrr;pY£t xoT; epYoT; œj-cj, (Jacq. 11,22.)

3 C'est l'idée de M. Reuss, I, 378.

4 Jacq. 11,19.

^ KjL-xv.OL'jyxzx'. Tàco; 7.p(c£<j)ç. (Jacq. 11, 13.)

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