‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 372 sur 613 · SAINT MATTHIEU RAPPELLE JACQUES ET PIERRE · texte numérisé non relu

SAINT MATTHIEU RAPPELLE JACQUES ET PIERRE

sur la permauence de robligation morale. D'un autre côté, saint Matthieu cherciie a établir avec un soin minutieux le rapport de riiistoirc évaugélique avec Taucienne prophétie. Il ne perd pas une seule occasion de faire ressortir cet accord, et il le cherche dans les plus petites circonstances comme dans les faits importants. Cette pensée le traverse en entier et lui donne un caractère spécial qu'il est impossible de méconnaître.

Au reste, les deux premiers évangiles ne favorisent pas plus le judéo-christianisme que les lettres de Jacques et de Pierre. La haute dignité du Messie y est reconnue de la manière la plus explicite. Sa divinité ressort clairement de déclarations comme celle-ci : « Toutes choses m'ont été accordées par mou Père, mais personne ne connaît le Fils que le Père, et personne ne connaît le Père que le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu le révéler '. » La foi se rapporte directement à la personne de Jésus-Christ". Le droit de pardonner les péchés, qui appartient à Dieu seul, est souverainement exercé par lui dans les deux premiers évangiles'. Comment affaiblir la portée de paroles comme celles-ci : « Voici, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde''. » Il n'y a pas jusqu'aux développements prophétiques sur le retour glorieux du Christ qui ne proclament sa divinité. C'est du reste à tort qu'on y verrait un trait exclusivement propre au judéo-christianisme ; car ils occupent, comme nous le verrous, une large place dans la doctrine de

« Matth. XI, 27. Conip. Matlh. 111,17; XIII, 41.

2 Mauh. X, 32, 37. — 3 Mallh. IX, G. — '' MuLlh. XXVIil, 20.

Page 1