DOCTRINE DE PAUL
Paul '. Cette prétendue opposition entre les écrits des apôtres primitifs et ceux de Paul s'évanouit quand on l'examine de près. T/étndo que nous allons faire du t)pe doctrinal du grand apôtre aciièvera cette démonstration.
§ IV. — Doctrine de saint PauP.
Jamais le lien entre la pensée et la vie, entre les idées et les sentiments, n'apparaît plus étroit que chez saint Paul. Tl a justifié de la manière la plus admirable la fameuse devise : Pectus est quod facit theologum : c'est le cœur qui fait le théologien. Sa théologie a jailli vivante de son cœur; elle est toute enflammée en quelque sorte de l'ardeur qui le consumait. Sa vie morale déborde au travers de sa doctrine, et Paul a créé, pour exprimer l'une et l'autre à la fois, une langue merveilleuse, rude et incorrecte, mais pleine de ressources et d'invention, suivant les bonds rapides de sa pensée et se pliant à ses brusques détours. Ses idées sont si abondantes qu'elles ne peuvent s'attendre l'une l'autre; elles se pressent et s'entrelacent dans une confusion qui n'est qu'apparente, car elle est toujours maîtrisée par une puissante dialectique. Sa langue est vraiment une langue de feu.
' Reuss, 11, 58.
* A part \c5 ouvra.îTOS di'-jà indiqués sur la théologie biblique, nous mentionnerons la moncffraphie d'Usleri, intitulée : Entwicklung des PauUnischen Lehrbegriffu. On peut reprocher à l'auteur d'avoir beaucoup trop assimilé saint Paul à Schleiermacher. Son grand mérile est d'avoir le premier cherché à présenter un tableau d'ensemble do la doctrine de Paul.