C CARACTÈRE POLÉMIQUE DE SON ENSEIGNEMENT
Appelé à émanciper définitivement l'Eglise de la synagogue, l'apôtre des Gentils ne s'est pas cru obligé, comme saint Jacques et saint Pierre, de ménager la transition entre lejudiùsme et le christiauisme.il n'a pas dénoué d'une main timide le nœud de cette grande question; il l'a tranche résolument. S'il a enseigné en substance le même Evangile que saint Jacques et saint Pierre, il ne s'est pas attaché comme eux à présenter uniquement le côté positif de la religion nouvelle ; il a repoussé avec éclat tous les éléments qui lui étaient étrangers. C'est qu'en effet dans les grandes réformes religieuses l'affirmation de la vérité ne suffit pas ; à cette affirmation doit correspondre la négation formelle de l'erreur, afin de dissiper tous les malentendus. Paul a donc mis la cognée à l'arbre qu'il fallait abattre, à la racine du légalisme étroit et impuissant qui eût étendu une ombre mortelle sur l'Eglise. Mais nous verrons en même temps que s'il a manié l'arme de la discussion comme un fer aigu et tranchant, il s'en est aussi servi comme du soc qui ne déchire la terre que pour la fertiliser. Chacune de ses négations l'amenait à une affirmalion féconde, et, à mesure que sa polémique s'élargissait, sa théologie s'enrichissait de quelque élément nouveau et important dégagé par lui, sous l'inspiration divine, de l'inépuisable fonds des discours de Jésus-Christ. C'est là en effet la source où Paul a puisé toute sa doctrine; elle se rattache dans son ensemble comme dans ses détails à l'enseignement du 3Iaître, et l'Apôtre s'est borné à en tirer les conséquences.
La théologie de Paul a été souvent appauvrie par l'es-