‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 379 sur 613 · LE CORPS N'EST PAS LE SIEGE DU MAL · texte numérisé non relu

LE CORPS N'EST PAS LE SIEGE DU MAL

Mais jusqu'au moment où la grâce de Dieu nous délivre, la lutte se termine toujours par la défaite du principe supérieur. L'homme naturel est esclave du péché, esclave de la loi des membres, et pour tout dire en un mot, esclave de la chair V

Ce n'est pas à dire que le corps soit le siège et le principe du péché. Paul, par une telle doctrine, eût consacré par avance le manichéisme et toutes les théories dualistes de l'ancien monde, et au lieu de combattre comme il l'a fait l'ascétisme oriental, il l'eût prôné et recommandé^. Sa conception delà justice est trop profonde pour qu'il identifie le principe du mal au principe corporel. Il prend soin d'ailleurs d'écarter tous les malentendus, en rangeant parmi les œuvres de la chair des sentiments, qui, comme l'envie et l'esprit de division, n'ont évidemment aucun rapport avec la sensualité^. L'opposition entre la chair et l'esprit n'est pas tant entre la partie matérielle et la partie spirituelle de l'être liumain qu'entre l'élément inférieur et terrestre et l'élément supérieur et divin de notre âme"*. L'élément inférieur et terrestre prédomine chez l'homme inconverti, bien qu'on retrouve en lui quelques restes de vie supérieure^. Cette prédominance de l'élément inférieur apporte les plus graves perturbations dans notre être, et entraîne presque nécessairement l'esclavage de l'âme vis-à-vis du corps. C'est là la preuve la plus frappante

- Rom. VII, 23. — 2 Coloss. II, 20-23 ; 1 Tim. IV, 8 ; Rom. XIV, G. 3 Gai. V, 4 0-21; 1 Cor. III, 3.

* C'est l'opposition entre la '^ù'/tf et le r^'^iiïiyjx. (1 Cor. II, 14 et 15.) » Rom. YILI, 17.

Page 1