DÉCRET DU SALUT
Après avoir ainsi démontré que la race d'Adam tout entière est sous le coup de la colère de Dieu, pour n'avoir pas accompli sa loi, l'Apôtre trace à grands traits r histoire de l'œuvre du salut. Il a écarté toutes les prétentions du judaïsme à occuper une place à part au sein de Tuniverselle condamnation. En foudroyant complètement l'orgueil humain, en décLirant tous ses prétendus titres à la faveur de Dieu, il a déblayé le terrain, et il peut maintenant établir victorieusement la doctrine du salut gratuit, qui est à ses yeux l'essence môme du christianisme.
Une race tombée si bas ne peut être relevée que par pure grâce. Dès avant la création. Dieu a conçu le plan du salut ' ; de toute éternité il l'a arrêté dans sa miséricorde. C'est là le secret, le mystère de sa volonté bienveillante ^. Le salut a donc pour cause première la souveraine liberté de Dieu. Il repose sur un acte de sa volonté ; son principe est l'éternel amour du Père, qui embrasse, non pas un peuple particulier, mais l'humanité entière, les peuples païens comme le peuple juif. Ce glorieux mystère n'a été révélé que dans les derniers temps ^
La création du monde a été une première manifestation de cet amour éternel et infini. C'est en effet
mais il se contente de poser le fait dans sa généralité. Il ne dit pas que son péché soit imputé avant d'avoir été ratifié. 1 Uph r.oLZ3.6oKf,: y.zz[i0J. (Ephés. I, 4.)
(Ephés. I, 9.) '
3 'Ev To) (jLucxr^pdo xou Xpiaxou,... sivai xà ëOvr^ cj^(Y.Xrtpo'^C[i.a.. (Ephés. m", 4, 6.)
]1- EST UN ACTE LIBKE DE LA GKACE. I .'i")
par 1(,' Fils de Dieu, qui est la personnification la plus haute (le la charité, qu'ont été créées toutes les choses qui sont dans les cien.v et sur la terre; tout a été créé par lui et pour lui '. La rédemption n'est que le rétablissement du plan primitif de la création, la réparation du désordre amené par le péché, la restauration de la vraie justice. Tout ce qui rentrait dans le plan de la création doit rentrer dans le plan de la rédemption. Le bon plaisir du Père a été de « réconcilier toutes choses » par celui par (|ui et pour qui toutes clioses avaient été créées -.
Ce décret éternel de l'amour divin a été compris dans un sens très-étroit par d'illustres théologiens, qui lui ont complètement sacrifié l'idée morale : ils n'ont évité le panthéisme que par une heureuse inconséquence, qui tenait à leur piété profonde et à leur sincère désir de garantir les droits de Dieu contre les usurpations de l'orgueil humain. 3Iais c'est bien à tort, selon nous, (}u'ils ont rattaché leur système à la grande théologie quenousexposons.il y a une profonde différence entre la prédestination augustinienne et la prédestination de saint Paul. D'après Augustin, Dieu dans sa souveraineté a décrété le salut d'une petite fraction de l'humanité. Calvin ajoute qu'au môme titre il a décrété la perdition éternelle du reste des hommes. IS'ous ne trouvons rien de semblable chez saint Paul. Le salut procède selon lui d'un décret du souverain amour; il est par la même
' Ta T.iTT. 0'.' ajTOJ /.a: ûc, ajTOV ïy-'.z-%\. (Coloss. I, 16.) * A'.' aCiTSJ y.r.y/.x-.xWizx'. ta r.Tr.x -J.z xj-.y». (Coloss. I, 20.)