LE CHAPITRE IX AUX ROMAINS
embrassant la destinée de chaque homme et discernant le parti qu'il prendra dans la question du salut; ou, pour être plus exact, Télection est l'application du décret de l'amour infini à toute âme qui ne s'est pas opiniâtrement dérobée à la grâce. L'initiative de la réconciliation appartient toujours à Dieu; elle est toujours le résultat de son décret, et il est impossible de trouver l'ombre d'un mérite chez la créature qui n'a qu'à se laisser sauver. Le mot même d'élection écarte l'idée d'arbitraire dans le salut individuel , car elle implique un choix, et un choix intelligent.
On oppose à cette interprétation de la pensée de l'Apôtre le fameux chapitre IX de lépître aux Romains; mais c'est oublier toutes les règles d'une saine exégèse que d'isoler de son contexte un fragment biblique et de vouloir expliquer la Bible par une page au lieu d'expliquer cette |)age par la Bible. Remarquons d'abord que dans ce chapitre l'Apôtre s'occupe, non pas de l'élection des individus, mais de l'élection des diverses nations'. Il veut combattre l'idée judaïque qu'une élection nationale crée pour un peuple un droit inaliénable et permanent au salut, et il invoque contre ce préjugé la libre grâce de Dieu ". La thèse soutenue par l'Apôtre est la grande thèse de l'universalisme chrétien. A la fin du
' Rom. IX, 11.
* Il s'agit donc, dans le c. LX aux Romains, d'une élection qui porte sur la -vie actuelle, et non sur les destinées éternelles de l'individu. Cette élection règle les applications du plan divin du salut aux diverses fractions de l'humanité, conformément au but final de ce plan et aux libres déterminations de la volonté humaine, et en faisant toujours sortir le bien du mal. (Voir l'opuscule de Beyschlag sur la théodicée de saint Paul dans la traduction du bulletin théologique, année iS68-i869.)