‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 384 sur 613 · LE CHAPITRE IX AUX ROMAINS · texte numérisé non relu

LE CHAPITRE IX AUX ROMAINS

chapitre, bien loin d'entrer dans une discussion métapliysique, il écarte toutes les objections en invoquant la souveraineté absolue de Dieu : « 0 homme ! qui es-tu pour contester avec Dieu? » Il écrase son contradicteur supposé par cette foudroyante réplique qui rappelle notre dépendance complète vis-à-vis de la suprême puissance. Il a mille fois raison à ce point de vue restreint auquel il se place volontairement. Mais ce point de vue est-il le dernier mol de la théologie de saint Paul? j\'a-t-il pas montré dans les passages que nous avons cités que cette suprême puissance est en même temps le suprême amour? N'a-t-il pas déclaré que « Dieu veut se récoucilier toutes choses en Jésus- Christ? » De quel droit sacrifier un passage à l'autre, au lieu de les pénétrer mutuellement? Paul suit dans le chapitre IX aux Romains la méthode légitime qui est employée dans toutes les discussions. Il dit à ses adversaires : « Même en admettant que Dieu ne soit que la souveraine puissance, vous avez la bouche fermée. » Mais il nous a dit ailleurs ce qu'était cette souveraine puissance, et c'est dénaturer sa pensée que de la mutiler. Sans doute l'homme, considéré comme une chétive créature vis à-vis du Créateur tout-puissant, n'est qu'un vase d'argile en présence du potier qui l'a façonné. Mais Paul nous a appris quel précieux trésor renferme le vase de terre; il nous l'a montré animé d'une étincelle divine. Ce vase d'argile, c'est un être créé à l'image de Dieu, doué de liberté, appelé à la justice. Aussi Dieu, pour le sauver, rcmue-t-il le ciel et la terre. Ceux qui voient l'Evangile entier dans un mouvement passionné de

PREPARATION AU SALUT. t3î)

la dialectique de saint Paul et dans quelques images hardies, mais incomplètes, méconnaissent la beauté morale et la profondeur de sa doctrine; ils bouleversent toutes les notions fondamentales de la conscience, et ôtent au christianisme sa "vraie base et son point d'appui en nous. Le meilleur moyen de les réfuter est de retracer avec l'Apôtre les réalisations successives du plan de Dieu. Rien ne montrera mieux que l'argile dont était pétri ce vase fragile qui s'appelle l'homme, n'était pas empruntée tout entière à ce monde inférieur soumis aux lois inflexibles de la nature.

L'œuvre de restauration commence aussitôt après la chute. Elle se partage en deux grandes périodes. La première, qui s'étend jusqu'à la venue de Jésus-Christ, est la période de la patience de Dieu. Le monde est placé sous la sentence de condamnation; mais le jugement ne reçoit pas son exécution complète, parce que Dieu veut donner aux pécheurs le temps de se repentir ' ; il soumet la race déchue à une lente éducation pour la préparer à recevoir le Sauveur. Cette éducation n'a pas été la même pour les Juifs que pour l'humanité païenne. Les premiers ont été investis du grand privilège d'être les dépositaires des oracles de Dieu-. Ils ont reçu une révélation positive; mais bien que divine, cette révélation n'avait pas un caractère absolu et définitif. Elle n'avait pas d'autre but que de frayer la voie au Rédempteur. L'Apôtre distingue deux périodes dans l'iiis-

» 'Ev TVj àvo/î^ Toj OîOJ. (Rom. III, 24.)

* 'Er.i-^-zj^zr/ -.y. Ki'(ix tsu Oîcj. (Uoiu. lil, -2.

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