LA LOI, PÉDAGOGUE POUR AMENER A CHRIST
Elle le place, impuissant et épouvanté, en présence de la sainteté de Dieu. Si d'une part elle est un frein pour le mal en l'empêchant de déborder, elle est aussi un aiguillon pour réveiller le sentiment du péché. Elle le développe et le surexcite; elle a été au péché son caractère d'ignorance, elle le contraint à une entière franchise; placé vis-à-vis d'elle, il se montre, tel qu'il est au fond, une transgression positive de la volonté de Dieu '; elle le rend extrêmement péchant"^ . Elle soulève par là même les luttes les plus violentes dans notre cœur et réveille en nous une douleur immense; la loi accable le pécheur, l'humilie, le renverse dans la poussière et lui arrache un cri de détresse, qui est l'expression la plus énergique du besoin de la rédemption. N'oublions pas que selon la doctrine de Paul la loi n'a pas anéanti la promesse^. Celle-ci plane au-dessus des menaces, elle empêche l'homme de tomber dans le désespoir; elle dirige vers Dieu sa prière; plus il est accablé par la loi, plus il est accessible aux consolations de la promesse. Ainsi, bien loin d'être en opposition avec l'alliance de grâce, la loi a été « un pédagogue pour amener l'homme à Jésus-Christ *. » L'Apôtre résume ses
* « Le péché, ayant pris occasion par le commandement, a produit en moi toute sorte de convoitise, parce que sans la loi le péché est mort. » (Rom. VU, 8.)
* Iva zAsovisY] -o TtapâzTwjJ.a. (Rom. V, 20 )
' « Voici donc ce que je dis : c'est que quant à rHlliam e qui a été auparavant confirmée par le Dieu en Christ, la loi qui est venue quatre cent trente ans après ne peut point l'annuler pour abolir la promesse. » (Gai. IH, 17.)
* 'ûaT£ 0 vst;.c; ra'.BaYWYs; -fjfjLwv véY^vsv v.t Xp'.^-rsv. (Gai. III, 24.)