‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 388 sur 613 · I.A RÉDEMPTION · texte numérisé non relu

I.A RÉDEMPTION

" s'il leur serait possible de le trouver en tiitonnant '. » Les païens ont été amenés, par ces recherches aussi prolongées qu'infructueuses, à expérimenter leur impuissance, et ils ont prouvé, en élevant l'autel au Dieu inconnu, qu'ils avaient conscience du néant de leurs tentatives. Les temps sont donc mûrs pour eux comme pour les Juifs, et le plan de Dieu ainsi préparé n'a j)lus qu'à recevoir son exécution par la venue du Christ.

Dieu n'a point épargné son Fils, mais Va livré pournovs'. Toute l'œuvre de la Rédemption est résumée dans ces mots. Ils nous rappellent qu'elle est avant tout une manifestation de l'amour du Père, de cet amour éternel qui a formé le dessein de nous sauver et de rétablir en nous la vraie justice. Avant de décrirel'œuvre de Jésus- Christ, Paul s'explique très-nettement sur sa nature. Nous avons déjà dit qu'il reconnaît l'existence éternelle du Fils de Dieu, «image du Dieu invisible, par qui et pour qui toutes choses ont été créées, qui est avant toutes choses et par qui toutes choses subsistent^. » Ce

» Zr-EÎv t":v K'jp'.cv, £-! à'pavî 'i/Y;AasY;s£'.av ajTCv v.v. îjpc.sv. (Actes XVII, 27.)

• Toj ll'.yj uîjj z'jv. £çe(^aTC, «aa 'j~ïp r,;j.ôjv ■::ivTa>v -apéooj'/.îv ajTCv. (Rom. VIII, 32.)

' Er/.ù)v -ou Osoïj. (Coloss. I, 15-17.) On a souvent invoqué l'pxprcssion "îzpiùic'ov.o: (premier-né de toute créature) pour nier la divinité de Jésus-Christ. M. Reuss lui même y voit une inconséquence de saint Paul. Elle ne nous embarrasse pas. Constamment, dans la langue de l'Apôtre, les mots reçoivent du contexte une acception spéciale et locale. Ici le sens du mot zpwTÔTOy.sç est nuancé en quelque sorte par la pensée générale du passage où il a trouvé place. L'accent n'est pas sur lO'/.z^^ mais sur -pcj- TCç. Paul voit dans le Fils l'aîné de tous les êtres. Son droit est le droit d'aînesse par excellence; mais de ce qu'il a précédé tous les êtres, il ne

lii DlVlNITli ET SUBORDINATION DU FILS.

Fils éternel a revêtu une chair semblable h la noire. Etant en forme de Dieu, n'ayant pas à conquérir une divinité qui lui aj)parlenait, il s'est anéanti en prenant la forme de serviteur et se rendant semblable aux hommes'. Dans cet abaissement ou plutôt dans cet anéantissement il a possédé corporellement la plénitude de la divinité*. Aussi le nom de Dieu lui est-il donné sans scrupule par l'Apôtre : il l'appelle Dieu au-dessus de toutes choses ^. Bien qu'il reconnaisse la pleine di^inité du Christ, l'Apôtre admet une certaine subordination de lui au Père. On ne saurait, selon nous, la limiter à l'apparition terrestre du Fils, et la faire uniquement découler de son abaissement momentané, puisque Paul déclare qu'à la fin des temps, c'est-à-dire dans une économie où le Fils aura recouvré toute sa gloire, il s'assujettira lui-même à Dieu, afin que Dieu soit tout en tous*. Cette subordination ne résulle-t-elle pas déjà du nom de Fils, image du Père et splendeur de sa gloire? Il a reçu éternellement toute la plénitude de la divinité, mais il l'a reçue. Or, celui qui reçoit est subordonné à celui qui donne ; sa subordination

s'ensuit pas qu'il ne soit pas éternel. Le mot zàv.oq n'empêche en rien d'admettre un engendrement éternel. On pourrait aussi bien tirer parti du mot uîi; que du mot 'iv.z^ contre la divinité du Christ.

1 0; èv ixopsYj Oîou Ozâp/wv cj/ y.ç,T.x'([j.cv Yjvrjtja-o ib stvai ha Gîw (il n'a pas regardé l'égalité avpc Dieu comme une proie à ravir), àW ÉxjTbv èy.évwscv. (Philipp. II, 6, 7.Comp. 1 Cor. X, 4; VIII, 6; Rom. VIII, 3; Gai. IV, 4 ; 2 Cor. VIII, 9.j

2 Coloss. II, 9.

3 '0 wv èzi Tâv-:o)v Ossç. (Rom. IX, 5; Tite II, 13.) Voir Reuss, II, 101.)

* Kal aùxcq b uîiç 'jzo-zx'criZtix: tw u7:3~â^avTi aù'o) tx zâvxa. (1 Cor. XV, 28.)

SON HUMANITE. 11. EST LE SECO.NU .\DAM. li.'i

vis-à-vis du Père a pu rtrc plus marquée aux jours de son abaissement ; néanmoins elle a précédé les siècles et subsistera même (p: and il n'y aura plus de temps*.

Saint Paul s'exprime avec autant de netteté sur l'humanité du Christ que sur sa divinité. « S'il a été déclaré Fils de Dieu selon resjjrit, il a été de la semence de David selon la chair -. » Dieu a envoyé son propre Fils dans une chair semblable à celle des hommes pécheurs ^ ; c'est-à-dire dans la fragilité et la faiblesse de l'existence terrestre, dans la souffrance et pour la mort\

Mais Jésus-Christ n'a pas été seulement revêtu de la nature humaine; il est le chef d'une humanité nouvelle et son représentant devant Dieu. Paul établit un parallèle entre le premier Adam et celui qu'il appelle le second Adam. «Si par le péché d'un seul, dit-il, plusieurs sont morts, combien plus la grâce de Dieu et le don qu'il nous a fait en sa grâce d'un seul homme, se répandront-ils abondamment sur plusieurs^. « Ainsi le second Adam vient réparer tout ce que le premier a compromis. Il y a également entre lui et l'humanité une étroite solidarité. La différence entre le premier Adam et le second ne consiste pas seulement en ce que le premier Adam a introduit sur la terre le péché et la condamnation, tandis que le second Adam y a opéré la rédemption. Le premier Adam avait été fait une âme vi-

» Schrnid, 11,303.

« r£v5[JLevo; i/, 'zrApiJ.T.-oc Aailo y.aTà câpy.a, cp'.sOsl; •jlz; Ossu •/.atà TrnZ'^x. (Rom. I, 3, 4.) ^ 'Ev sjJLC'.wfxaT'. Gapy.bç â;j,ap-(a;. (Rom. VIII, 3.) * 2 Cor. Xlll, 4; I, b. Philipi). II, 8. - ^ ro^, y, 15.

Page 1