ASSIMILATION DU SALUT PAR LA FOI
mais il s'agit de savoir comment l'homme pécheur } participera, en d'autres termes comment il sera justifié. La réponse de Paul est renfermée dans un seul mot : Le juste par la foi vivra ' . Serrons de plus près cette idée de la justification, car nulle ne marque d'une empreinte plus originale la doctrine de Paul. Justifier, pour lui, c'est déclarer juste-. Cette déclaration peut être faite soit au point de vue de la loi, soit au point de vue de la grâce. Au point de vue de la loi, elle ne saurait être obtenue que par une justice parfaite. Au point de vue de la grâce, elle est un don de Dieu et elle peut être accordée au péclieur^. Mais si la justification est gratuite, elle n'est pas inconditionnelle; elle n'est accordée qu'à la foi, et nous retrouvons ici l'élément moral qui pénètre toute la théologie de l'Apôtre. Pour bien comprendre ce qu'il entend par foi, il faut chercher quelle en est l'origine, la nature et l'objet. Son origine est double, selon que nous la considérons dans l'éternité ou dans le temps. Dans l'éternité, elle a pour principe, comme le salut tout entier, le décret de l'amour éternel, c'est-à-dire l'élection, dont nous avons déjà précisé le sens et la portée. Chaque chrétien a été l'objet de l'amour de Dieu avant les siècles, et la cause de son salut n'est pas en lui, mais dans la volonté du Père^. Dans le temps, la foi est nécessairement précédée de l'appel divin; elle vient de ce
' '0 Se ci'xaioç i./, rJ.zxtiù^ v^j-sta'.. (Rom. 1, 17.) «Rom. II, 13; 111,24; Gai. II, 16.
5 A'.y.a'.iu[j.£VOi oiopsàv tyj aÙTCu /^cpiTU (Rora. 111,24.; ' Ot»; TcpoÉYVO), y.v. -piojp'.^E. (Rom. vni,29.)