LA FOI, UNION VIVANTE AVEC JÉSUS-CHRIST
qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la Parole de Dieu*. Mais elle n'est produite dans le cœur que par le Saint-Esprit. Elle est un don de Dieu-, Toutefois, il faut bien se garder d'y voir une action magique exercée sur l'homme, sans aucune participation de son énergie morale. Il suffit de considérer sa nature et son objet pour écarter toute idée semblable. La foi commence par la persuasion de l'esprit, la croyance aux promesses de Dieu, la connaissance de la vérité^; elle est dans ce sens une confiance ferme et joyeuse, qui s'exprime hautement par le témoignage chrétien''; elle se fonde sur l'assurance que Dieu nous a pardonné en son Fils. Mais elle ne s'arrête pas là ; elle a dans la langue de l'Apôtre un sens profond et mystique. La foi établit entre nous et le Sauveur une union mystérieuse et réelle « qui le fait habiter dans nos cœurs, nous enracine en lui^, et nous permet de dire : Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Christ qui vit en moi. » Le commencement du chapitre Vï de la lettre aux Romains nous révèle toute la pensée de Paul à ce sujet. Il voit dans l'acte du baptême une fidèle représentation de la foi. De même que dans le baptême le néophyte est plongé dans l'eau pour en ressortir bientôt avec le signe sacré, de même l'âme qui saisit le salut est comme ensevelie dans la mort de Jésus-Christ pour ressusciter immédiatement avec lui; « elle est faite une même plante en sa mort et sa résur-
* 'H TCÎcjTti; è^ àxo^;. (Rom. X, 17.)
2 Où"/- è^ u[;,wv, Oeou to oôpov. (Ephés. II, 8.)
3 2 Cor. V, 7. — *2 Cor. IV, 13. •
^ KaTOtxYÏîat tov Xpwxcv oià t'^ç xîstîwç èv raTç /.ap^faiç 0[;.wv. (Ephcs. ni, 17, 18.)
154 l.A JUSTIFICATION ET LA SANCTIFICATION.
rectioii'. » Croire, c'est donc nous unir étroitement à Jésus- Christ en mourant à nous-mêmes et en participant à sa vie divine. Ce n'est pas à dire que nous ne puissions être assurés de notre salut que du jour où cette union avec Jésus-Christ est absolue. Non, sa justice nous couvre devant Dieu dès le moment où nous avons accepté le pardon qu'il nous a mérité ; mais, d'un autre côté, cette acceptation n'est réelle que quand un lien s'est formé entre notre âme et lui, quand nous avons commencé à mourir et à revivre avec lui, à devenir une même plante en sa mort et sa résurrection. Nous ne sommes donc pas justifiés par les œuvres de la loi, mais par l'œuvre du Christ appropriée à nos coeurs par une foi vivante et sanctifiante. Notre salut tout entier découle de la grâce, et pourtant Dieu, pour nous sauver, fait un énergique appel aux forces vives de notre être moral. U a consenti à accepter cette assimilation de l'œuvre rédemptrice opérée par la foi, quelque incomplète qu'elle fût, pourvu qu'elle eût sérieusement commencé. Ainsi la condition qui nous a été imposée est encore un effet de son amour et une preuve de la gratuité de ses dons -.
La foi a pour conséquence naturelle la conversion ou le renouvellement intérieur. Ainsi comprise elle ne saurait être séparée de la sanctification. Si saint Paul combat avec énergie le salut par les œuvres, c'est parce que les œuvres légales ne réalisent pas véritablement ia justice de Dieu, mais nourrissent l'orgueil toutes les fois
àXXà /.al -TiZ àvaffTa^cO); èc5[J.£0a. (Rom. VI, 5.) - Voir la belle analyse du mot foi, dans Reuss, II, 21.