RAPPORT ETROIT DE L'UNE ET DE L'AUTRE
qu'elles ne conduisent pas au désespoir. La sainteté procède de la foi, celle-ci la contient en germe, car la sanctification consiste uniquement à revêtir Jésus-Christ en se dépouillant de plus en plus du péché. La mortification chrétienne plante en quelque sorte dans notre chair rebelle les clous qui ont déchiré notre Sauveur au bois maudit; c'est une vraie crucifixion' : comme celle du Sauveur, elle aboutit à la résurrection. Le nouvel homme remplace le vieil homme ; il est « créé à l'image de Dieu, » et se transforme de gloire en gloire à la ressemblance du Christ. L'idéal et le but de la sainteté est d'arriver à dire : Pour moi, vivre c'est Christ". On sait avec quelle éloquence austère et hardie saint Paul convie les chrétiens à cette mort salutaire et à cette résurrection bénie, les pressant de s'identifier à ce Sauveur dont lui-même portait les flétrissures et manifestait la vie. C'est bien la grande morale, celle qui procède d'en haut, qui trouve sa loi dans le cœur du Dieu qui est amour, et !a relit en caractères sanglants sur la croix : la charité en est le premier et le dernier mot. « Soyez les imitateurs de Dieu ^, » voilà son principe. « La charité de Christ nous presse; si un est mort, tous sont morts ^, » voilà son mobile. « La grâce de notre Seigneur Jésus- Christ soit avec votre esprit % » voilà sa force. Elle est aussi eflficace que parfaite, car l'amour qui est son idéal le plus haut se communique eu se révélant. Paul a cé-
i XptcTW cuv£CTa6pa)tJi.ai. (Gai. II, 20.) 2 Philipp. ï, 21.
^ F'vcjOî oOv [Ki^KTiicà xou Ocou , xal TcepiTCaxetTî iv àyd-Kf]^ xaOwç y.ai 0 XpicTOç r(Y<^7i:*/]ij£v "fjfjLaç. (Ephés. V, 1, 2.) •••2 Cor. V, 14.— "Gai. VI, 18,