‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 399 sur 613 · LA LOI DE LA LETTRE ET LA LOI DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

LA LOI DE LA LETTRE ET LA LOI DE L'ESPRIT

L'apologétique de rApôtrc est élroiteraent rattachée h sa doctrine; elle est animée du même esprit, et le dogme de la grâce y occupe également la première place. La vérité demeure étrangère à notre âme dans son état naturel. « L'homme animal ne comprend point les choses qui sont de l'esprit de Dieu, car elles lui paraissent une folie'. » « La prédication de la croix est une folie à ceux qui périssent-; mais elle n'en est pas moins la sagesse de Dieu pour ceux qui sont sauvés, » c'est-à-dire pour ceux qui ont reçu l'esprit de Dieu et dont le cœur a été ouvert. Toutefois, Paul reconnaissant en tout homme un élément de vie divine, fonde son apologie du christianisme sur le besoin de la rédemption qui tourmente l'âme, et dont il retrouve des manifestations au sein du monde païen. Son discours d'Athènes fait constamment appel à cette aspiration secrète du cœur humain vers le Dieu véritable pour lequel il a été fait : « Celui que vous honorez sans le connaître, c'est celui que je vous annonce^. » Ainsi l'Apôtre déclare d'une part que l'homme ne peut pas, par sa propre sagesse, arriver à la possession de la vérité, et il jette à toute la philosophie antique cette parole de défi : « Où est le sage, où est le docteur profond de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas fait voir que la sagesse de ce monde n'était que folie'*? » D'une autre part, il admet l'existence de besoins supérieurs chez l'homme inconverti; celui-ci est à la fois désireux et incapable de trouver Dieu. De là un état de trouble, de tristesse, qui doit le préparer à recevoir

1 1 Cor. H, 14. — * 1 Cor. I, 18. — » Actes XVH, 23. — M Cor. I, 20.

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