‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 400 sur 613 · APOLOGIE DE SAINT PAUL · texte numérisé non relu

APOLOGIE DE SAINT PAUL

l'Evangile. Mais il ne h recevra que s'il se laisse pénétrer par le Saint-Esprit, et nous retrouvons ici dans leur indissoluble union la grâce et la liberté, l'action de Dieu et la responsabilité de Thomine, en un mot le grand et légitime dualisme de la dogmatique de Paul. Remarquons qu'en présence des païens, il ne s'appuie pas tant sur des preuves externes que sur la preuve interne. Il se borne à rapporter dans son auguste simplicité le fait de la rédemption, et s'attache avant tout à mectre l'âme en contact avec Jésus-Christ; il va môme jusqu'à ranger sur la même ligne le Juif qui demande des miracles, et le Grec qui cherche la sagesse ^ La foi, en effet, fondée uniquement sur le miracle, n'est plus la foi, mais la vue tout autant que la croyance, qui est fondée sur le raisonnement philosophique. Elle n'est plus cette vue de l'invisible, cette union mystique avec le Christ, qui nous transporte du domaine de l'observation extérieure et sensible dans celui de la vie divine.

Vis-à-vis des Juifs, Paul s'appuie surtout sur l'Ecriture sainte, doi;t il reconnaît nettement l'inspiration^. Il la cite avec une grande liberté^, et son exégèse est tantôt très-hardie, tantôt très-minutieuse, quelquefois même presque rabbinique daus ses procédés ^; mais à la prendre dans son ensemble, elle est admirable par son intelligence profonde de l'Ancien Testament. Il en est des procédés exégétiqucs de Paul comme de la langue

» 'Isucx'.o'. zTfiJ.iïx x'!tcj7'. -/.a"' 'EXa'/;v£c sssiav wTjTS'j'J'.v. (1 Cnr, 1,22.) 2 2 Tim. III, IC. — 3 Voir, par exompl', GaL 111, 16. * Voir Gai. IV, 22-2C.

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