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HISTOIRE DE L'EGLISE DE JERUSALEM

liques. Nous suivrons dans ses diverses phases le développement de la tendance judaïsante, avant de décrire l'invasion de la théosophie orientale.

§ I. — Jm tendance judaïsante dans les Eglises de Palestine, de Galatie, de Macédoine, d'Achaïe et d'Italie.

Nous avons vu l'Eglise de Jérusalem s'organiser en empruntant à la synagogue ses principales institutions, mais demeurer fidèle au culte judaïque. A ne la juger que sur les apparences, on pourrait être tenté de croire qu'elle s'est particulièrement signalée par son opposition à l'œuvre de saint Paul. Telle n'a pas été son attitude, et nous n'en voulons d'autre preuve que la grande autorité dont Jacques, le frère du Seigneur, y était investi. Il est certain que les chrétiens de Jérusalem se ralliaient à lui et lui montraient en toute occasion l'attachement le plus sincère et la déférence la plus respectueuse. Comme il n'exerçait aucun épiscopat proprement dit, son influence était toute morale. Nous avons appris à conuaître sa largeur au premier concile, où il avait tendu la main d'association à Paul, et sacrifié sans hésitation les idées étroites des chrétiens judaïsanls. Ce n'est pas l'auteur de la belle épître que uous avons analysée, qui eût substitué le salut par la circoncision au salut par Jésus-Christ. On ne peut donc supposer une hostilité ouverte contre Paul à Jérusalem, aussi longtemps que Jacques a vécu. Or, on sait qu'ils sont morts l'un et l'autre à la même époque. D'ailleurs saint Paul a toujours entretenu les meilleurs rapports avec l'Eglise

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de Jérusalem; il y est reycnu fréquemment à la suite de ses grands voyages missionaires; il y portait avec lui les offrandes des païens convertis, pour subvenir à la pauvreté des chrétiens de la Palestine *. L'affection la plus sincère l'unissait aux anciens qui les dirigeaient. Il recevait des preuves incontestables de leur amour fraternel; ils glorifiaient Dieu de ses succès^? Il faudrait donc prouver que l'Eglise de Jérusalem était en hostilité avec ses représentants pour établir son inimitié contre Paul. Prétendre, comme on l'a fait, que l'emprisonnement de l'Apôtre fut provoqué par les intrigues du parti judéo-chrétien, et non par le parti pharisien, c'est non-seulement hasarder une hypothèse sans preuve, mais encore mettre à néant les données les plus positives de l'histoire du christianisme primitif^.

Toutefois, on se tromperait gravement si l'on s'imaginait que les doctrines de Paul eussent été pleinement comprises par la majorité des chrétiens de la Palestine. Grâce à l'ascendant de Jacques, ils ne les avaient pas condamnées, mais ils n'en avaient saisi ni le vrai caractère, ni les conséquences. Le premier concile avait astreint les Juifs de naissance à suivre les prescriptions de la loi. Les Juifs convertis dans les villes païennes, obligés de vivre avec des chrétiens d'origine grecque, avaient été amenés à secouer, sur bien des points, le joug du mosaïsme. Eloignés d'ailleurs du centre reli-

1 Actes XI, 30; 1 Cor. XVI, 3. Ce fait est péremptoire contre les allégations de l'école de Tiibingue, reprises par M. Renan dans son Saint Paul. (Paris, 18C9.)

* Actes XXI, 19. — 3 Baur, Christ, fier drei erst. Jahrhund., p. 65.

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