‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 406 sur 613 · IL DEVIENT PLUS PRONONCÉ A LA MORT DE JACQUES · texte numérisé non relu

IL DEVIENT PLUS PRONONCÉ A LA MORT DE JACQUES

gieiix de leur nation, ils n'avaient d'autres synagogues que les assemblées du culte nouveau. Aussi, leurs habitudes se modifiaient peu à peu, et leur esprit s'élargissait. Il en était autrement à Jérusalem. L'église de cette ville comptait plusieurs milliers de Juifs zélés pour la loi*, qui vivaient dans l'atmosphère du judaïsme et se rendaient tous les jours dans le temple. J^a plupart avaient admis sincèrement la foi en Jésus-Christ, et la persécution souvent renouvelée élevait une barrière entre eux et la masse de leur nation. Mais ils étaient encore fortement imbus de préjugés nationaux, sans les pousser jusqu'à l'intolérance et sans rompre la communion avec les Eglises sorties du paganisme. On ne pouvait les comparer aux docteurs de Galatie ou de Corinthe, qui se plaçaient en dehors du terrain de la conciliation, et violaient ouvertement les arrêtés du premier concile. Ils étaient dans cet état intermédiaire qui avait sa raison d'être et sa légitimité au point de vue de développement graduel de l'Eglise. Sans doute, les idées étroites avaient des adhérents à Jérusalem, mais l'influence prédominante appartenait au christianisme large et conciliant de Jacques. Toutefois, il nous paraît probable qu'après la mort de ce dernier, il y eut une certaine réaction judaïque parmi les chrétiens de la Palestine.

On sait que les années qui précédèrent la ruine de Jérusalem furent signalées par de nombreuses révoltes de la part des Juifs. L'esprit national était surexcité

« Actes XXI, 20.

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