‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 407 sur 613 · TRISTE ETAT DES AUTRES EGLISES DE LA PALESTINE · texte numérisé non relu

TRISTE ETAT DES AUTRES EGLISES DE LA PALESTINE

jusqu'au fanatisme, et les passions populaires fermentaient avec violence. Un certain nombre de Juifs convertis ne purent respirer impunément cet air embrasé. On revendiquait à côté d'eux, avec enthousiasme, l'indépendance d'une patrie qui leur était chère; comment n'eussent-ils pas senti se réveiller en eux avec le patriotisme les idées religieuses qui en étaient inséparables en Judée? Il se peut aussi que la persécution, qui ne cessait de sévir contre l'Eglise, ait multiplié les défections. L'épître aux Hébreux nous apprend que l'Eglise de Jérusalem était menacée d'apostasies nombreuses ; on commençait à abandonner les saintes assemblées ^, Cependant le ton général de la lettre prouve que les croyances chrétiennes à Jérusalem reposaient sur la même base que dans les Eglises fondées par saint Paul. L'auteur n'a aucune crainte de n'être pas compris en se plaçant d'emblée sur les hauteurs de la foi. Certes, il n'eût pas ainsi parlé sans préliminaire de la personne de Jésus-Christ, s'il avait été en présence d'un ébionitisme constitué. Nous verrons cette hérésie naître dans l'âge suivant sur les ruines de la ville sainte; mais si le germe qui doit la produire existe déjà, il n'est pas développé, et elle est encore contenue par l'influence d'un Jacques et d'un Apollos.

Les autres Eglises de la Palestine et celles des contrées limitrophes étaient dans une situation analogue à celle de l'Eglise de Jérusalem. Subissant à un moindre degré l'influence apostolique, elles étaient plus acces-

* Héb. VI, 4; X,25. (VoirBleek, Brief and die Hebr., p. 56, 57.)

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