TRISTE ÉTAT DES AUTRES ÉGLISES DE LA PALESTINE
sibles à l'esprit d'intolérance. L'épître de Jacques, qui a été écrite pour elles, révèle de graves désordres. On voit qu'elles s'étaient livrées à d'orageux débats; elles y avaient porté uù zèle amer, et cette sagesse « terrestre, sensuelle et diabolique, » qui, sous prétexte de défendre les intérêts de la vérité, en renie l'essence par son oubli de la charité '. Le formalisme avait reparu à la faveur de ces discussions violentes ; la piété était redevenue, chez plusieurs, un vain bruit de paroles, une menteuse apparence, croyance purement intellectuelle, qui n'avait aucune action sur le cœur, théorie sans pratique-, foi de tète. Les distinctions du monde avaient été introduites dans l'Eglise, le pauvre y était humilié devant le riche, et h la véhémence de l'indignation de Jacques, on peut mesurer la grandeur du maP. Il est impossible de méconnaître à ces traits divers une réaction de l'ancien esprit pharisaïque, qui n'avait fait que changer de costume, et qui s'était introduit parmi les chrétiens de ces contrées à la faveur de leurs préoccupations sectaires. Nous avons lieu de penser que le judéo-christianisme a eu un caractère plus prononcé dans les petites villes de la Palestine qu'à Jérusalem. 11 est probable que les partisans fanatiques de l'ancienne loi avaient quitté cette ville après le concile, et avaient cherché à propager leurs idées partout où ils espéraient obtenir quelque crédit. C'est ainsi que nous avons \u des émissaires de ce parti, abusant du nom de Jacques, essayer de diviser l'Eglise d'Antioche, arracher une con-
' Jacq. III, la, 10. — 2 Jacq. II, 10-18. 3 Jacq. 1,9-11; U, 1-7; V, 1-7.
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