C LES QUATRE PARTIS. PARTI D'APOLLOS
Les deux premiers se distinguaient plutôt par des préférences personnelles que par des divergences de vues. Apollos professait les mêmes principes que Paul; il le regardait comme son maître, et rien ne serait plus injuste que de lui imputer la formation dune secte à Corinthe. Il est probable que par sa grande éloquence et sa vaste science il avait su donner un attrait particulier à l'exposition de la vérité. On voit par l'épître aux Hébreux avec quel art il savait la présenter. Il mettait au service de Jésus-Christ l'habileté dialectique toujours féconde en ingénieux rapprochements, qui faisait la gloire des synagogues d'Alexandrie; il avait acquis ainsi une prodigieuse influence dans une Eglise où l'on était encore beaucoup trop sensible auxattraitsde la sagesse humaine. Apollos ne lui faisait aucune concession ; lui aussi prêchait la folie de la croix, mais il la présentait sous une forme savante et philosophique. C'était cette forme que l'on idolâtrait à Corinthe, sans s'attacher à la doctrine qu'elle enveloppait. Il y avait donc une exagération coupable dans l'enthousiasme que l'on professait pour Apollos, et Paul la signale avec une admirable délicatesse, ne faisant point remonter ses reproches à celui qui était l'objet innocent de cette admiration fanatique, mais y démêlant avec la sûreté de son coup d'œil la préoccupation immodérée de l'éloquence humaine et un attrait dangereux pour une habile argumentation * .
Du reste, Paul n'est pas moins sévère pour ses propres partisans, car eux aussi formaient un parti. Ils
MCor. II, 1.