PARTI DE PAUL. PARTI DE CÉPIIAS
s'étaient attachés à sa personne plus encore qu'à la vérité, et ils mettaient autant de passion à le défendre que ses adversaires en mettaient à l'attaquer * . Ils avaient en outre tiré de fausses conséquences de ses principes; ils les avaient exagérés dans la pratique; ils ne savaient pas comme saint Paul unir la charité à la fidélité, et dans l'orgueil de leur supériorité intellectuelle ils froissaient la conscience timorée de leurs frères. Ce qu'il y avait de plus grave chez eux, c'est qu'ils se mettaient en opposition ouverte avec l'arrêté du concile de Jérusalem qui concernait les viandes sacrifiées aux idoles; ils refusaient ainsi d'entrer dans le système de concessions réciproques qui devait amener graduellement l'émancipation de l'Eglise. C'est par là qu'ils montraient une tendance étroite et sectaire. Ils portaient un esprit charnel dans la manière dont ils défendaient de grands principes et soutenaient une noble cause. Avec plus de charité et d'humilité ils eussent formé l'Eglise véritable de Corinthe, au lieu de n'être qu'un parti de plus dans son sein pour la ruiner et la déchirer,
Le parti de Céphas ou de Pierre avait pour chefs les faux docteurs judaïsants. Ils se couvraient bien à tort du nom vénéré de Pierre, comme les partisans d'Apollos abusaient malgré lui de son nom. L'épître aux Calâtes nous a déjà appris la tactique de ces faux docteurs : ils opposaient à saint Paul les douze apôtres, comme investis d'une autorité bien supérieure à la sienne. Le parti de Céphas s'attachait donc, à Corinthe
1 1 Cor. III, 4.