HÉRÉSIE DE SIMON LE MAGICIEN
de se souvenir que Colosses était une ville phrygienne pour comprendre la prompte apparition de Thérésie dans l'Eglise qui y avait été fondée par un disciple de Paul. Avant de retracer l'histoire des fausses doctrines signalées par l'Apôtre, nous devons rappeler la première tentative connue de combiner le christianisme avec la théosophie orientale : nous voulons parler du système de Simon le Magicien. La découverte des Philosophoumena a confirmé l'opinion unanime des Pères, qui voyaient en lui le premier des hérétiques. IVous avons analysé son bizarre système sous sa première forme, tel qu'il l'avait élaboré avant de connaître la rel.gion nouvelle. Il ne nous reste plus qu'à l'étudier sous sa forme définitive en ra[/pelaiit succinctement ses principes fondamentaux. Cette exposition nous servira à mieux comprendre les hérésies de Colosses et d'Ephèse, car elles appartiennent au même courant d'idées.
Nous avons vu que le principe prem'er de toutes choses dans ce bizarre système est une puissance obscure et mystérieuse, espèce de virtualité infinie*. Ce premier principe est le feu : il est d'abord caché et invisi'ole, purement virtuel; mais il est destiné à passer de la virtualité à l'actualité, à la réalité ^. Simon le compare a un arbre : les racines plongeant dans le sol correspondent au feu caché et virtuel; le tronc, les branches et
àp/YjV. {Phiiosophoumena, 163.) » 'A/.Xà Y^p £'''^' '^^i'' "^^y Tz-jpo^ 0'.-/.f,v v.'/x ty;v çjs'.v, /.t.:
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(Philos., 90.)
194 lŒUESlE DE SIMON LE MAGICIEN.
]ps feuilles au feu manifesté'. Dans la virtualité iufinie sont renfermés toutes les racines, tous les germes du monde, et tout d'abord les deux grands jjriucipes opposés qui constituent le dualisme : le principe mâle, actif, spirituel ou l'esprit, et le principe féminin, réceptif, ou Vidée-, L'esprit représente le principe actif, l'idée le principe passif. En passant de la virtualité à l'actualité, ['esprit devient le ciel, Vidée devient la terre. La création est une manifestation nécessaire du premier principe; par elle il passe de la possibilité à la réalité'; s'il ne se réalisait pas de cette manière, il resterait à l'état de virtualité pure, comme la géométrie dans l'esprit du géomètre ou la grammaire dans l'esprit du grammairien \ Il y a dans chaque être un germe immortel et bienheureux qui a été^ qui est et qu: sera. C'est une parcelle de ce premier principe qui a été virtualité, qui est énergie et réalité dans le monde, et qui revient incessamment à sa virtualité essentielle pour prendre à l'infini de nouvelles formes. Ce premier principe est la force unique répandue en haut, en bas, s'enfantant, se cherchant elle-même, se perdant, se retrou-
» Philos. ,iCli.
2 Nojv y.ai èTrîvo'.av. (Philos., 161.) L'esprit est le principe aciif, l'idée le principe pa-sif. Simon comptait six racines des choses divisées par couples : 1 esprit et l'idée, la voix et le nom, la conclusion et la réflexion. En passant de la virtualité à la réalité, ils prennent d'autres noms, et nous avons ainsi trois couples nouveaux : le ciel et la terre, le soleil et la lune, l'air et l'eau.
3 Ts r.-n\)\i.x iàv [j-Ti ï1:v:/.zr.z^r^ \i.t-.y. 'iD 7.i7;j.0'j à-oXelTat, cuvi[j.î'. \}.t':tyt ;j.sv5v y.x'i \j:r^ v/zp^^v.x -(l'ià'^viyt . (Philos., 167.)
* iLz'i): àvu), £v -ïY) àYîvvY;-:a) B'jvx;j.î;, z'xç v.âTO), èv ir] pw/j Twv jsiTojv, àv £t/iv'. '(ZTrr,(iv.^, o~a,z6\).v/oç, àvoj, xapà tyjv j^.a/.ap'.av 7.-ipTnz-/ sjva[x'.v èr.v iz-.'.y.or.z^ff, (Philos., 171.)