HERESIE DE SIMON LE MAGICIEN
A;int; elle est sa propre mère, son propre père, sa propre sœur, sa propre fille, racine unique de toutes choses, principe mâle et femelle'. L'homme est comme le résumé du monde, il est un parfait microcosm"; il renferme le feu virtuel et le réalise dans son double élément.
Il n'était pas possible de formuler plus hardiment le panthéisme. Simon le 3Iagicien revêtait ces idées de symboles sacrés, qu'il empruntait d'abord à l'Ancien Testament. Il s'efforçait de faire cadrer avec ses théories le récit de la crécition. Il voyait dans les six jours de l'œuvre créatrice les six racines de l'univers renfermées dans la virtualité infinie. Le septième jour figurait le principe [premier, alors qu'il se ressaisit luimême dans l'univers. Le ciel et la terre exprimaient la dualité première de l'esprit et de l'idée ^. La description du paradis devenait à ses yeux l'histoire allégorique de la création de Thomme développée dans le Pentateuque ^. Ainsi se retrouve déjà chez le père de la gnose cette tendance de toutes les hérésies gnostiques à transformer la révélation en cosmogonie. 3Iais Simon le Magicien ne se contentait pas de dénaturer a son profit le sens de l'Ancien Testament; il abusait également des paroles de Jésus-Christ. Il paraît qu'il avait mêlé a son pantliéisme certaines idées émanatistes encore mal digérées.
Le passage de la virtualité à l'actualité ne se serait
' Ajty;; •^:rr-r,p., a>.-?i; -^-r^p, ajt?;; iiiA:po, air?,; :;j'v-'Y-?, Tj-r^: %'{i-r,p. [Philus., 171.) 'ApcrsvéOv.'j; o6va[jL'.ç. [Philos., 173.) » Philos., 107. — 3 Philos., 168, 169.