‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 419 sur 613 · G HERESIE DE SIMON LE MAGICIEN · texte numérisé non relu

G HERESIE DE SIMON LE MAGICIEN

pas effectué sans désordre; après que l'esprit eut eufanté, par son union avec l'idée, les anges, ceux-ci par jalousie se seraient emparés de leur mère et l'auraient emprisonnée dans les liens du corps'. Retenue captive dans le monde inférieur, elle se serait personnifiée dans une femme admirablement belle, reparaissant daus l'histoire sous des noms divers d'époque eu époque. Jadis elle a pris les traits de cette fameuse Hélène dont la beauté fatale a allumé la guerre de Troie. Nous avons vu que Simon prétendait la reconnaître dans une courtisaue de Tjr dont il avait fait sa compagne. Lui même se donnait comme l'incarnation du principe rationnel destiné à l'affranchir^. Aiusi la chute n'est pas autre chose que la matérialisation, et la rédemption consiste à se débarrasser des liens corporels. Il ne paraît pas toutefois que la doctrine de Simon poussât ses disciides à l'ascétisme. Au contraire, ils se livraient aux plus abominables désordres sous prétexte de célébrer le vrai repas eucharistique, et ils décoraient leurs infamies du nom d'amour parfait^.

C'est qu'en effet le dualisme produit aussi bien i'ex-

1 Ici les Philoiophoumena présentent une lacune. On y lit simplement ces mots : [j.£T£v:rco;j.aTi'j;.».évr;v Ozo twv ày^fi'/M^i (p. 174, 1). Irénée, si incomplet sur l'ensemble du système, nous donnî le commentaire de cette phrase : « Eanoiam generare angdos et potestates a quibus et niundum hanc ùclum dixit. Posteaquam generavit eos haec deteuta est ab ipsis propter invidiam, quoniam nollent progenies alterius cujusdam putari esse. » (Irénée, Contr. Hic-es., ï, c. xxiv.) Comparez Epiphane, 1, 21.

'^ Nous avons déjà combattu l'idée que Simon fût l'incarnation du principe premier. (Voir I" vol., p. 397.)

TY)V TïAîîxv y.(i~rt'f. [Philos., 17o.)

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