L'ÉGLISE, SOCIETE DES CHRÉTIENS
lire les lettres écrites par les apôtres aux diverses Eglises pour se convaincre qu'ils s'adressent, non pas à une multitude confuse où l'indifférence et même l'incrédulité ont trouvé place à côté de la piété et de la foi vivante, mais à une association de chrétiens, à une société religieuse qui se régit elle-même et qui n'a pas la prétention d'avoir deux catégories de membres : les convertis et les inconvertis. De graves désordres peuvent y éclater et la compromettre; des hypocrites peuvent s'y être introduits, mais on sent à la lecture de ces lettres que ces Eglises, dans leur ensemble, sont des sociétés chrétiennes. S'il en était autrement, que signifieraient ces salutations par lesquelles elles commencent: Aux bien -aimés de Dieu, appelés et saints qui sont à Rome. — Ceux qui sont appelés saints à Corinthe. — Aux saints et fidèles qui sont à Ephèse '. Le ton général des épîtres, les sujets qu'elles abordent, les délibérations qu'elles provoquent sur les points les plus délicats de la pratique chrétienne écartent absolument l'idée que de telles Eglises aient été uniquement des institutions pédagogiques destinées à former d'autorité la foi dans les cœurs. Ce sont des Eglises missionnaires, vrais foyers d'évangéiisation, répandant la lumière autour d'elles. L'idée d'une simple école où se pressent les multitudes inconverties tombe devant des paroles comme celles-ci: « Quand quelqu'un d'entre vous a un différend avec un autre, ose-t-il l'appeler en jugement devant les infidèles plutôt que devant les saints ^? »
' Rom. I, 7; 1 Cor. 1,2; Ephés. 1,1. - « 1 Cor. Vl, 1.