ON Y ENTRE PAR L'ADHESION INDIVIDUELLE
Cette notion de l'Eglise, qui en fait la société des croyants, résulte des vues générales de saint Paul sur le rapport des deux alliances. Tandis que l'ancienue économie était une théocratie liée à des faits extérieurs et matériels, la nouvelle est essentiellement spirituelle. Devant la croix, les privilèges nationaux ou de naissance ont été abolis. « Il n'y a plus ni Grec, ni Juif, ni esclave, ni libre, mais Christ est tout en tous '. » En d'autres termes, la nouvelle naissance ou la foi personnelle introduit seule dans l'Eglise. Paul, en combattant énergiquement les faux docteurs qui voulaient imposer la circoncision aux chrétiens, a écarté par là même l'idée de la religion impersonnelle et traditionnelle, qui est dépendante de la situation extérieure et se transmet par la naissance. 11 n'a pas simplement repoussé dans la circoncision une forme et une cérémonie judaïques, il a surtout repoussé un principe, celui d'une religion nationale et théocratique qui passe de génération en génération par droit d'héritage. Hériter sans accepter, n'a aucune valeur dans l'Eglise chrétienne, tandis qu'accepter sans avoir hérité suffit au salut. Tout en revient donc à cette adhésion personnelle, c'est-à-dire à la foi.
Non-seulement, chaque Eglise, au siècle apostolique, réclamait en fait un acte positif et personnel d'adhésion pour recevoir ses nouveaux membres, mais elle devait encore rejeter de son sein les éléments impurs qui y avaient pénétré et qui, tombant sous l'appréciation hu-
1 Coloss. III, H.