DON DES LANGUES
p:ônérales, d'établir une distinction cotre les dons divers énuniérés par saint Paul.
Le don qui porte le plus l'empreinte du surnaturel pur est le don des langues *. Il s'est modifié à cette seconde période de l'âge apostolique. Ceux qui parlaient les langues étrangères i\ la Pentecôte étaient compris de leurs auditeurs. Ils ne l'étaient plus au temps de saint Paul. Le don des langues semble avoir été h cette époque un langage inarticulé, une psalmodie mystérieuse, manifestation étrange de cet état d'extase où la pensée, plongée dans l'infini, a perdu toute précision, submergée en quelque sorte par l'effusion du divin. C'est ce qui ressort de la manière dont Paul décrit le don des langues*. « 11 en est comme des choses inanimées qui rendent un son, soit une flûte, soit une harpe. Si elles ne forment point des tons distincts, comment reconnaîtra-t-on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe ^ ? » En s'abandonnant sans frein à l'extase religieuse, on pouvait arriver à une excitation toujours plus grande, se complaire dans un état psychologique qui n'était pas sans péril et développer avec excès ce don des langues qui n'était d'aucune utilité pour l'édification de l'Eglise. Aussi saint Paul s'efforce-t-il de le contenir dans une juste mesure. Il ne veut pas même qu'on s'y livre s'il n'y a pas dans l'assemblée des frères capables d'inter()réter les langues inconnues. Ce don d'iuterpré-
' rirr, YAWsaîov. (1 Cor. XII, 28.)
* Ct'lui qui p.irli^ une langrue inconnue s'édifin soi-nnême; mais celui qui proiihétise édifie l'Eglise. (1 Cor. XIV, 4-26.) 9 Cor. XIV, 7.