‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 435 sur 613 · DON DE PROPHÉTIE, DE GUÉRISON · texte numérisé non relu

DON DE PROPHÉTIE, DE GUÉRISON

tation était l'une des manifestations du don de prophétie qui avait encore un caractère miraculeux, bien qu'il ne condamnât pas l'homme à une passivité absolue comme le don des langues. Le prophète était l'organe de l'inspiration divine ; tantôt il annonçait l'avenir ' , tantôt il lisait dans les cœurs- et reconnaissait les vocations', tantôt il enseignait avec une puissance extraordinaire qui révélait une action spéciale de l'Esprit divin. Le langage du prophète n'était pas calme, suivi, paisible, comme celui de la réflexion. Il ne portait point la trace de la méditation ni du travail de la pensée. Il était impétueux et foudroyant. Ce n'est pas que l'on put se fier absolument aux révélations des prophètes ; saint Paul veut qu'elles soient contrôlées par l'Eglise, car aux inspirations de l'Esprit pouvaient se mêler celles du cœur naturel. « Qu'il n'y ait, dit-il, que deux ou trois prophètes qui parlent et que les autres en jugent *. » Le don de guérir et de faire des miracles appartient à la même catégorie '". Il était largement accordé aux Eglises primitives, non-seulement aux apôtres, mais encore indistinctement à tous les chrétiens.

Tous ces dons essentiellement surnaturels devaient abonder surtout aux commencements de l'Eglise, à une époque de création et de fondation. Ils peuvent repa-

1 Actes XI, 28. — 2 1 Cor. XIV, 23. — » 2 Tim. IV, 14.

* Oi àXXc. o'.a-Apivéxwcav. (1 Cor. XIV, 29.)

5 Xap'CfJ.a'ua lai^aTcov... £Vcp7Yi[Ji,aTa 5uva[;,î(i)V. (1 Cor. XII, 9,10. Le don de la foi dont il est parlé 1 Cor. XII, 9, doit s'entendre de ce don des miracles. Il est évident qu'on ne peut donner à ce mot, dans ce passage, son sens ordinaire. La foi qui sauve n'est pas un don spécial accordé à quelques chrétiens ; elle est nécessaire à tous.

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