‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 436 sur 613 · DON D'ENSEIGNEMENT ET DE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

DON D'ENSEIGNEMENT ET DE GOUVERNEMENT

raître mais à un moindre degré, dans les temps qui ont une certaine analogie avec le premier siècle, mais on se trompe gravement en considérant ces dons miraculeux comme la manifestation nécessaire de l'Esprit divin sur la terre. Les dons permanents ne sont pas les plus extraordinaires; ce sont ceux qui réunissent dans une admirable harmonie la nature et la grâce, l'élément humain et Télémeut divin, ceux précisément par lesquels les apôtres se sont surtout distingués. Nous plaçons dans cette seconde catégorie le don de l'enseignement ' et celui du gouvemeraent ". Le premier s'applique tantôt au côté pratique du christianisme, et alors il s'appelle parole de sagesse, tantôt au côté théorique, et alors il s'appelle parole de science ^. Le don du gouvernement devait être accompagné du don de discernement des esprits^, car à une époque où les manifestations du monde surnaturel étaient si fréquentes il importait de distinguer les inspirations vraies des inspirations fausses. Le don de l'enseignement, comme celui du gouvernement, impliquait évidemment certaines aptitudes naturelles et ne pouvait s'exercer sans le concours de l'activité morale et intellectuelle.

Tels étaient les dons principaux accordés à l'Eglise. Ils ont précédé les charges; rien ne serait plus faux que de prétendre qu'ils en dépendaient et qu'ils ne se manifestaient que dans le cadre d'une orguiiisation déter-

1 1 Rom. XH, 7.

2 K'jgcpVYiCSlç. (l Cor. XII, 28.)

3 \é'(oq cocpia;, KÔ-(oq 'pÙGZoiq. (1 Cor. XII, 8.) * A'.ay.pîîet; zvsuixaTwv. (l Cor. XII, 10.)

îiO LE DON D ENSEIGNEMENT EXERCE PAR TOUS LES CHRÉTIENS.

minée. Le vent souffle où il vent et l'Esprit de Dieu n'abdique jamais sa souveraine liberté. Les partisans de la hiérarchie ne nient pas que les dons miraculeux aient été accordés à tous les chrétiens; mais ils revendiquent pour la charge ecclésiastique le monopole du don de l'enseignement, dont l'usage, selon eux, devait être réglé par une autorité ofiQcielle et souveraine sous peine d'anarchie doctrinale \ Mais cette distinction est complètement arbitraire. La synagogue reconnaissait déjà ce droit à tout Juif pieux en y mettant quelques restrictions ^. Il n'est pas étonnant qu'il ait été étendu par saint Paul à tous les chrétiens, à l'exception des femmes qui devaient garder le silence dans le culte public: « Quelqu'un de vous, dit-il, a-t-il une instruction, a-t-il une interprétation? Que tout se fasse pour l'édification ^ » Ce droit fut reconnu longtemps dans l'Eglise. « Que celui qui enseigne, lisons-nous dans le YIIP livre des Constitutions apostoliques, s'il est laïque, soit versé dans la Parole V « Il n'est donc pas possible de tracer une ligne de démarcation tranchée entre le don de prophétie et celui d'enseignement. Le second, comme le premier, appartenait à l'Eglise sans distinction cléricale. Il demeure établi que tous les croyants avaient le droit d'enseignerdans le culte public ^ Tous également prenaient

' C'est l'opinion de Thiersch. [Kirche in apost. Zeit., p. 154.) - « Si necsenexsit nec sapinns, constituant alii:iuem spectatae formse integritatisque virum. (S'il n'y a ni ancien ni docteur, qu'ils fassent i)arler un homme respectable d'apparence et intègre.) » Vitringa^ De Synagoga vetere, p. 705.) ' A'.8axï)v £-/^£'., èp[j.r,v£Îav lyti. (1 Cor. XIV, âC-35.) • 0 û'.oar/.wv ^l xat Aaïy.b; ?). [Const. apo5^, VIII, 33.) "' Voir RitschI, Altcatholùche Kirche, p. 365.

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