LE MINISTRE DE LA PAROLE NON MIS A PART
hiérarchiquement ordonnés; toutefois il est probable que ron sentit promptement la nécessité de choisir pour anciens des hommes capables d'enseigner, dans un temps où les fausses doctrines surgissaient de toute part. Saint Paul demande que l'évêque soit attaché à la véritable doctrine, et capable tant d'exhorter suivant cette doctrine que de convaincre ceux qui s'y opposent * . D'une manière générale, vers la fin de cette période, la charge d'ancien ou d'évêque tend a prendre une plus grande consistance. Les dons purement surnaturels diminuent; l'exercice du don de gouvernement et d'enseignement devient d'autant plus nécessaire. L'anarchie doctrinale et morale menace les Eglises. Rien n'était plus sage que de les organiser avec plus de fermeté et de les placer dans la condition de toute société qui veut vivre et se développer, en leur donnant une constitution déterminée et un gouvernement plus fort". Ce nest pas que le système monarchique ait été substitué alors au régime démocratique; il n'y a pas trace d'une pareille transformation. Une seule allusion est faite a la présidence des assemblées ^, mais elle est trop générale pour qu'on puisse en inférer que l'un des anciens présidait d'une manière permanente le conseil de l'Eglise. Peut-
gnement. Il n'y a pas là vestige d'une hiérarchie (Voir Rothe, Au' fxnge, 224.)
» Tile I, 9 ; 1 Tim. 111, 2. A'.cr/.T'.y.cr.
* Comp. Hébreux XIII, 17. Voir Bunseajgnatius und seine Zeit., p. 129. M. Reuss démontre très-bien comment la constitution ecclésiastique, dépeinte dans les Lettres pastorales, n'est pas si compliquée qu'on l'a prétendu afin de nier leur authenticité. Elle est en rapport avec tout ce que nous connaissons du siècle apostolique. (Reuss, Geschichte Heil. Schr., N. T., p. 118.)
3 Rom. XII, 8.
^30 KNTRETIEN DES ANCIENS.
être la présidence appartenait-elle à tous les anciens à tour de rôle. Plus les Eglises devinrent importantes, plus leurs pasteurs durent leur consacrer de temps; on dut pourvoir eu partie à leurs besoins, afin qu'ils fussent libres de remplir leur tâche, devenue plus vaste et plus compliquée. Saint Paul insiste fréquemment sur le devoir des Eglises de soutenir libéralement leurs anciens ou évêques '. Toutefois, rien ne uous porte à penser que ceux-ci eussent complètement renoncé à travailler de leur.-i mains ; en tout cas, ils ne s'y fussent point crus obligés i)ar scrupule de conscience, car la distinction entre le profane et le sacré n'existait pas pour ceux qui étaient tenus de « tout faire au nom de Jésus-Christ, » et qui avaient sous les yeux l'exemple de l'Apôtre faiseur de tentes. Les subventions des Eglises n'avaient d'ailleurs rien de fixe; elles se montraient beaucoup plus préoccupées du soin des pauvres que de l'entretien de leurs pasteurs. L'ancien ou évêquc n'était pas plus appelé qu'aucun autre chrétien à rompre les liens de famille. Paul reconnaît que l'apôtre lui-même peut être marié et conduire sa femme avec lui dans ses voyages missionnaires. Les conseils d'ascétisme modéré qu'il donne aux Corinthiens, s'appliquent dans sa pensée à tous les membres de l'Eglise indistinctement. L'évèque doit être le modèle du troupeau, et se garder avec un soin particulier de ces relations immorales, si fréquentes au sein du paganisme. Qu'il soit le mari d'une seule femme, qu'il réalise le vrai mariage chrétien, et qu'il
< 2 Cor. IX, 10; 1 Tim. V, 17.