‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 442 sur 613 · LES DIACRES · texte numérisé non relu

LES DIACRES

conduise sa famille avec fermeté ; alors il trouvera dans son intérieur une précieuse école ijour apprendre à gouverner l'Eglise '.

Après la charge d'anciens, nous trouvons dans toutes les Eglises fondées par saint Paul, la charge des diacres. Elle nous reporte à l'institution des sept diacres de Jérusalem ; mais, comme toute l'organisation ecclésiastique, elle a pris un caractère plus déterminé à cette seconde période. Elle a reçu 'son nom propre ; elle s'appelle diaconie -. Ceux qui en sont revêtus ne paraissent pas avoir pris part à l'œuvre missionnaire des apôtres aussi directement que les premiers diacres, parmi lesquels figuraient Etienne et Philippe. Ils se consacraient plus exclusivement au soin des pauvres et des malades, et s'attachaient à pratiquer ce beau don de secourir, que mentionne saint Paul daîis sa lettre aux Corinthiens ^ Ils étaient les représentants de la charité de l'Eglise auprès de ses membres souffrants ou affligés. On sait que les diacres de Jérusalem avaient été choisis pour

' Il est universellement reconnu que Pieire était marié. (1 Cor. IX, 5.) Eusèbe l'affirme d'après Cl'iment d'Alexandrie : ITÉxpoç p-èv ^(àp y.at ^PÎK'.'^r^oz i-ct'.czT.O'.-qzx'r.o. (Eusèbe, H. E., Ml, 30.) Malgré l'avis de plusieurs théologiens distingués, entre autres Reuss, nous ne pouvons admettre avec certitude que les mots « mari d'une seule femme \J.'.7.q yjvaiy.bç àri-fP » (1 Tim. III, 2) s'appliquent à la défense des secondes noces. Une exhiirtation apostolique concernant la parfaite pureté des moeurs était toujours opportune dans des Eglises entourées de la corruption païenne, et dont quelques membres avaient pu conserver des relations irrégulières ililficiles à rompie. Toutefois, la condition imposée aux veuves diaconesses de n'avoir pas été mariées deux fois (1 Tim. V, 9), nous empêche de rejeter péreipptoirementle sens donné par toute l'ancienne Eglise au passage 1 Tim. III, 2.

' Rom. XII, 7. A'.r/.'jv(a. (Philipp. I, 1.)

» 'AvT'.Ar/^E'.ç. (1 Cor. XII, 28.)

VSi LES DIACONESSES.

servir aux tables. A la secoDde période de l'âge apostolique, il n'y avait plus d'autres repas communs que les agapes, qui étaient accompagnées de la célébration de la sainte cène. Les diacres étaient chargés de tout ce qui concernait cette partie du culte chrétien ; à leur ofiBce de miséricorde, se joignait le soin de régler tous les détails extérieurs du culte.

Les Eglises du premier siècle avaient aussi créé une charge pour les femmes, afin d'employer au bien de l'Eglise les dons spéciaux que Dieu leur a accordés. Quel ministère leur eût été mieux approprié que la diaconie, la charge miséricordieuse de l'assistance et de la consolation ? Il est diflBcile de se représenter exactement ce qu'étaient les diaconesses de l'Eglise primitive ^ Elles avaient sans doute leur part dans la distribution des aumônes et dans la visite des malades ; sans doute aussi elles s'occupaient des agapes et prêtaient leur aide aux diacres pour tout ce qui réclamait leurs soins dans la célébration du culte. On sait que les diaconesses du second siècle assistaient les femmes au moment de leur baptême ^. Cette coutume, si convenable et si naturelle, a dû être introduite dans l'Eglise dès le premier siècle. Les veuves de plus de soixante ans enregistrées sur le rôle de l'Eglise, dont parle saint Paul dans sa première lettre à Tiraothée, étaient probablement des diaconesses'. En eifet, on ne comprendrait pas tout l'ensemble des conditions qui leur sont imposées, s'il s'agissait

1 Rom. XVI, 1. — 2 Constit. apostoL, III, 16.

' Schaff, 534 ; Rothe, Anfxnge, p. 253. Dans les Constitution^ apostoliques {ll\, 1), les veuves sont élevées au rang d'anciennes, Tcpscê'JTÎceç.

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