POINT DE JODRS SACRES
L'Eglise primitive ne connaît pas plus la distinction entre les jours qu'entre les lieux. La vie entière est devenue la fête douce et sérieuse de la rédemption; ses actes les plus simples sont élevés par la pensée chrétienne à la dignité d'un service religieux'. Rien n'est profane pour le croyant; tout a un caractère sacré ^. Il est doue impossible de trouver dans l'Evangile un principe auquel puisse se rattacher l'institution d'un jour saint, qui appartient plus à Dieu que les autres. Cette institution est intimement liée à l'ancienne alliance; elle a dû disparaître avec elle comme le sacerdoce et la consécration d'un sanctuaire spécial'. Paul a proclamé, à l'égard de la distinction des jours, les grands principes de la nouvelle alliance, avec sa netteté et sa vigueur habituelles. " Comment, écrit-il aux Galates, retournez-vous encor.' à ces faibles et misérables rudiments auxquels vous voulez vous assujettir de nouveau?
1 Soit que vous mangiez, -i it que -vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Di^u. IJav-a dq ziqv) Oîcy TTCettî. (1 Cor. X, 31.)
* Tout est pur pour les purs. Hâvia \thi y.aÔapà xoXq y.aOapoTç. (Tite 1, 11.)
^ Les partisans de la p^manence du sabbat s'en réfèrent au Décalogue. Mais Paul nous a d Jà appris que le Décalogue ne renferme la loi de sainteté que sous une foi inc incomplète, qui a été abolie, de même que tout le judaïsme. Faire rPni'iiifer le sabbat jusqu'au jardin d'Eden, c'est oublier les vraies conditions Mf l'innocence, qui n'admet pas le partage de la vie entre le profane et l -.icré. La bénédiction du septième jour n'impliquait point le repos dan- l: (laradis; elle s'appliquait à la création entière, qui, pour la premier • IV.is, apparaissait achevée. La vie du monde, avant la chute, devait être une vie de bénédiction, comme la terre entière devait être un temple et cha pie homme un prêtre. Le sabbat juif rappelait ce passé bienheureux, < i même temps qu'il prophétisait l'avenir qui devait le ramener. Il témoi-; i.at en môme temps de la perversion totale delà vie humaine avant la ■■•■1 .mpiion, puisqu'il fallait l'interrompre, en quelque sorte, pour plaire a nieu.