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LE DIMANCHE N'EST PAS LE SABBAT

impossible d'en tirer aucune conclusion certaine. Toutefois, si l'on considère qu'à la période suivante ce jour s'appelle déjà le jour du Seigneur, on sera porté à admettre que l'habitude de célébrer le culte avec plus de solennité le dimanche remonte très-haut dans l'âge apostolique. L'Eglise n'a point dérogé pour cela aux principes de Paul; elle n'a point investi ce jour d'une sainteté exceptionnelle, elle n'a point abaissé à son proflt le niveau ordinaire de la vie chrétienne. Elle n'a point surtout pensé à remplacer le sabbat par le dimanche. Il est certain que pendant longtemps un grand nombre de chrétiens ont observé le sabbat le septième jour de la semaine. Si l'Eglise s'était placée sur le terrain du légalisme, elle n'eût pu transférer le repos du sabbat d'un jour à un autre sans une révélation divine. Elle n'a jamais eu cette prétention dans les premiers siècles. Les chrétiens ne se contentaient pas de déclarer qu'ils n'avaient ni temples, ni autels, ils disaient encore hautement, par la bouche de Justin Martyr : « Nous ne sabbatisons pas *. »

pas d'une réunion publique de l'Eglise. (Voir Néander, Pflonz., I, 272.) Bingham, selon sa coutume, force le sens de ces deux passages. [Origines, \, 280.)

1 OÙ <:x66<x~'.'Çzy.tv . (Justin, Diol. cum Tryphone, p. 246.) Il n'y a rien, dans les réflexions qui précèdent, qui soit en opposition avec la célébration du dimanche. Le dimanche est une nécessité du culte public; il est nécessaire comme le temple ou comme le ministère; mais il y a néanmoins un sacerdoce universel, en quelque sorte, pour les jours comme pour les hommes. C'est là un principe essentiel de la nouvelle alliance, manifestement méconnu par ce qu'on a appelé le sabbatisme. Le dimanche n'est pas plus saint en lui-même à l'exclusion des autres jours, que le temple à l'exclusion des autres lieux. Le dimanche est le jour du Seigneur, comme le temple est le lieu du Seigneur. Cette analogie est très- frappante en allemand. Le mot Eglise {Kirche) a pour racine le

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Le culte proprement dit est empreint de la liberté et de la spiritualité qui caractérisaient la piété des Eglises fondées par saint Paul. L'élément liturgique en est complètement absent, l'inspiration y domine.

Cependant on éprouve déjà le besoin d'une certaine organisation qui soit une sauvegarde contre le désordre. Paul donne même des règles qui sont de pure bienséance; il veut que l'homme ait la tète découverte, tandis que la femme doit l'avoir couverte, marquant ainsi par sa tenue la modestie réservée qui lui convient et qui lui est déjà conseillée par le voile de sa longue chevelure. L'Apôtre lui interdit également d'enseigner , dans l'assemblée des chrétiens '. Il veut que l'inspiration individuelle soit contrôlée et surveillée afin de ne pas nuire à l'édification commune.

Les actes essentiels du culte sont toujours la lecture des saintes Ecritures, la prière, l'enseignement et le cantique-. L'Ancien Testament était, à cette époque, le seul livre canonique reconnu par l'Eglise. Interprété dans son sens profond, souvent même quelque peu allégorisé, comme dans les lettres de Paul, il ouvrait à l'édification chrétienne une mine inépuisable ^. Les discours

mot grec K'jp'.ay.Yj (Dominica); le ten.ple est to xupta/,6v, le lieu du Seigneur. L'église est le lieu dominical^ comme le dimanche est le jour dominical. (Augusti, Archxologie, I, 33.) Cette assimilation tranche la question ; car quel chrétien identifierait nos temples au temple de Jérusalem? S'il est conséquent, il n'identifiera pas davantage le dimanche au sabbat.

' 1 Cor. Xr, 4, 5; XIV, 34.

* Voir Harnack, ouvr. cité, 146-164. '

' Le commandement de Paul à Timothée de s'attacher à la lecture (1 Tim. IV, 13) semble se rapporter à la lecture publique des Ecritures, car il est parlé dans le même passage de V exhortation.

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