‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 455 sur 613 · L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

L'ENSEIGNEMENT

L'enseignement jouait un grand rôle dans le culte |)rinntif et surtout dans le culte des Eglises éloignées de Jérusalem. 11 gagne tout ce que perd le rite. Le prêtre efface toujours le docteur là où il v a un sacerdoce et des sacrifices à offrir. Nous n'avons pas à démontrer de nouveau que le droit d'enseigner était accordé à tous. 3Iais si tous pouvaient enseigner, ils ne pouvaient tout enseigner ; la doctrine des apôtres servait de norme et de règle, parce qu'elle était la reproduction fidèle de la doctrine de Jésus-Christ. « Demeurez fermes, écrit saint Paul aux Thessaloniciens, et retenez les enseignements que nous vous avons donnés soit de vive voix, soit par lettres'. » L'enseignement calme et méthodique supplante de plus en plus le langage extatique, le don des langues et delà prophétie. Paul paraît même craindre que ces dons extraordinaires ne tombent dans un trop grand discrédit, car il recommande aux Thessaloniciens de ne pas éteindre l'Esprit et de ne pas mépriser les prophéties-.

Toutefois, dans son discours à Milet comme dans ses dernières lettres, il insiste fortement sur l'importance de l'enseignement'. Au moment où les apôtres allaient disparaître, et où par conséquent le contrôle de l'inspiration individuelle serait plus difficile, le salut de l'Eglise était intéressé à ce que l'enseignement, qui n'avait d'autre mission que de reproduire la doctrine apostolique, acquît une influence prépondérante.

1 2 Thess. II, 15; 2 Tim. I, 13; III, 14; Tite I, 9. a Ilps^r^-c-aç |j.r, iço-jhvn~.-t. (1 Thess. V, 20.) s Actes XX, 31 ; 1 Tim. IV, 15; IV, 2; Tite I, 9.

2o0 LA. PRIÈRE. L'ACTION DE GRACE.

La prière est l'âme du culte chrétien, comme elle est l'iuspiration de toute la vie chrétienne. Elle jaillissait librement des cœurs, de même que la parole d'édification. Elle n'était mélangée d'aucun élément liturgique, et nul indice dans tout le Nouveau Testament ne justifie l'idée que la prière du Seigneur fût répétée comme une formule consacrée *.

Cependant saint Paul, sans vouloir nuire à cette liberté, indique quelques points qui ne doivent pas être négligés dans la prière chrétienne et sans doute tout d'abord dans la prière de l'Eglise. Il veut que l'on prie pour tous les hommes et spécialement pour les rois et ceux qui sont élevés en dignité, traçant avec fermeté une ligne de démarcation entre la révolution religieuse qu'il opère, et toute révolution politique. Ainsi, même dans ce libre domaine de la prière, une règle infiniment sage apparaît. L'action de grâce, Veucharistie proprement dite, avait une très-large place dans la prière des premiers chrétiens ^. Pendant longtemps celle-ci conserva son caractère d'efTusion joyeuse d'adoration et de reconnaissance^. L'assemblée manifestait son adhésion à la prière par Vamen qu'elle prononçait d'une seule voix "*.

1 Bingham afïirme l'usage liturgique de la prière dominicale au premier siècle, sans fournir la moindre preuve. ( Origines, Y , 125.) Vitringa assimile à tort les prières de l'Eglise aux prières de la synagogue. Tandis que d'un côté tout est libre et spontané, de l'autre tout est réglé et méthodique. (De Synag. vet., p. 1062. Voir Aiigusti, ArchxoL, II, 60.)

2 Philipp. IV, 6.

* Voir les fragments des anciennes liturgies publiées par Bunsen dans ses Antenicxna, vol. III.

* IIw; èpeÎTO à^-^v; (1 Cor. XIV, 16.)

Page 1