LE BAPTÊME LIÉ A LA FOL
lait à la profession de la foi. Donné au nom de Jésus- Christ * comme un signe solennel de la conversion, il avait toute la valeur d'une confession explicite de la croyance chrétienne, surtout à une époque où, pour le recevoir, il fallait s'exposer à l'opprobre et à la persécution ^.» Il est d'ailleurs probable que le néophyte, avant de recevoir le baptême, faisait une courte profession de sa foi : c'était cet engagement d'une bonne conscience devant Dieu dont parle saint Pierre. Cette coutume est en pleine vigueur au second siècle ; tout porte à croire qu'elle remonte au premier. Cette exposition simple et populaire de la croyance a été assimilée à tort au symbole des apôtres, dont la date est bien postérieure. Le symbole n'est pas autre chose que le développement de la formule du baptême, accrue peu à peu jusqu'à devenir une règle de foi'.
* Il n'y a pas d'exemple, dans le Nouveau Testament, d'un emploi de la formule complète du baptême. Bingham cherche en vain à contester ce fait. [Origines, IV, 163.)
2 II fallait bien que l'on donnât une grande importance au baptême comme signe de l'incorporation à l'Eglise, pour qu'on se fût cru obligé, dans quelques congrégations, de l'administrer à des chrétiens déjà baptisés au nom des catéchumènes qui étaient morts avant de l'avoir reçu. C'est à notre avis le seul sens raisonnable qu'on puisse donner à \ Cor. XV, 29. Cette coutume, mentionnée en passant par saint Paul, s'était perpétuée plus tard dans quelques sectes hérétiques. (Epiphane, Hœres., XXVIII, 7. Tertullien, De Resurredione , 48.)
3 Thiersch (ouvr. cité, p. 300) soutient l'origine apostolique du symbole. Bingham lui-même reconnaît que cette supposition n'a aucune base historique. [Origines, lY, 69.) Il est avéré qu'au second siècle on mettait sans scrupule, sous le nom des apôtres, une foule de traditions qui ne remontaient pas à eux, du moins dans leur totalité. Les Constitutions apostoliques démontrent le fait surabondamment. Mais, pour ce qui concerne le symbole des apôtres, nous avons plus qu'une hypothèse. La forme primitive en a été retrouvée dans la constitution copte de l'Eglise d'Alexandrie. Nous la reproduisons textuellement : Il'.s-e'jw sîç xbv [j.;vov àXr^ôtvbv ôîov