LA COMMUNION RATTACHEE A L'AGAPE
fraternel désignés sous le nom d'agapes, où les riches et les pauvres \enaient s'asseoir, confondus dans une sainte égalité'. Cette coutume, empruntée aux usages de l'ancienne Grèce-, avait été sanctifiée et transformée par la charité chrétienne. L'agape n'est ni un repas tout à fait ordinaire, comme ceux dont il est parlé dans les premiers chapitres des Actes, ni un sacrement solennel comme la sainte cène dans l'Eglise des âges suivants. Elle est un repas exceptionnel, mais elle est encore un repas. La communion sera plus tard mise tout à fait à part pour n'être plus que le repas mystique de l'Eglise. Elle est encore considérée comme le souper du Seigneur, et elle se célèbre autour des tables de l'agape. On la prend le soir^. Si elle est célébrée à une heure différente que celle du culte public, ce n'est pas comme on l'a prétendu qu'un culte privé et secret réservé aux chrétiens seuls, se soit déjà constitué. Elle est le festin de charité de la famille chrétienne. Voilà pourquoi elle se prend le soir et dans l'intimité. Saint Paul nous présente un tableau fidèle de la célébration de la sainte cène; nous n'y trouvons aucun vestige d'une consécration des espèces. En appelant la coupe eucharistique « la coupe de bénédiction que nous bénissons % » il nous reporte à une coutume bien connue du repas pascal. Le père de famille, en prenant la coupe, prononçait une prière pour bénir Dieu de ce qu'il avait donné le pain
1 1 Cor. XI, 20-22.
* Xénophon {MemorabiL, III, 14) parle de repas ou chacun apportait ses aliments.
3 Actes XX, 7. Augusti, Arcfixologie, II, 562.
* Tb T:oT-r;p'.ov rr,; cùX^Yiaç o zuKO'(oi)^ft.VK (1 Cor. X, 16.)
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