MODE DE LA CELEBRATION. DE LA COMMUNION
et le \in'. Jésus-Christ, ayant fait du pain et du vin les symboles augustes de son corps rompu et de son sang versé pour nos péchés, la sainte cène rappelait à la fois les bienfaits de la création et ceux de la rédemption. Aussi était-elle un repas d'action de grâces, une solennelle eucharistie; pendant longtemps l'Eglise se sentit pressée à ce moment de bénir Dieu pour tous ses dons, aussi bien pour ceux, de la nature que pour ceux de la grâce -. La sainte cène n'était point considérée comme un sacrifice ou une offrande ; elle était le renouvellement du repas pascal pris par le Seigneur avec ses disciples et le grand mémorial de l'amour de Dieu considéré dans toutes ses manifestations, depuis les plus élémentaires jusqu'aux plus mystérieuses, et scellé du sang du Christ. Il ne nous est pas possible de nous représenter exactement le mode de célébration de la communion à cette époque. Une prière de gratitude était sans doute prononcée au moment où la coupe passait de main enraain.Delàlenomdecoupeeucharistique. Le pain était rompu en souvenir du corps meurtri du Sauveur. Tout porte à croire que l'on chantait un psaume ou un hymne comme Jésus-Christ l'avait fait avec ses disciples dans la chambre haute. Il ne paraît pas probable que les paroles de l'institution fussent régulièrement répétées chaque fois. La manière dont saint Paul les cite prouve le contraire. Il s'en réfère à un enseignement spécial
1 « Benedictus tu, Domine Deus noster, qui producis panera e terra creans fructum vitis. ;> (Harnack, p. 166.)
2 On s'en convaincra en lisant les prières eucharistiques du second et du troisième siècle qui nous ont été conservées. [Ecclesiœ' Alexandr. Monumenta; Bunsen, Aaalecta Antenicxna, III, 167.)