LA DISCIPLINE
qu'il a donné et non à un usage établi dans l'Eglise*. Si la cène était célébrée avec simplicité et liberté, elle n'en était pas moins revêtue d'une grande solennité aux yeux de l'Eglise. Elle résumait dans un symbole choisi par le Sauveur lui-même toute la religion chrétienne. On faisait la plus sérieuse profession de foi en y participant. Y participer indignement c'était d'une part mépriser le corps du Seigneur dans le symbole qui le figurait pour l'esprit, et d'une autre part faire rejaillir sur l'Eglise la solidarité de son péché. Aussi une discipline sérieuse et sévère s'exerçait non-seulement pour réprimer la profanation de la cène, mais encore pour châtier tous les genres de désordre ". Elle ne portait que sur les péchés scandaleux et n'avait nullement la prétention de préserver l'Eglise visible de tout coutact avec le mal. L'immoralité et l'hérésie flagrantes entraînaient l'exclusion des coupables^. Les chrétiens étaient invités à fuir tout contact avec le faux frère qui les déshonorait". Ils ne devaient pas manger avec lui; non-seulement l'agape et la sainte cène lui étaient interdites, mais encore il était de règle de rompre toute relation sociale avec lui. Dans ces temps miraculeux où l'action de l'Esprit de Dieu s'exerçait d'une manière directe et sensible, la discipline de l'Eglise était souvent confirmée par quchpie épreuve exceptionnelle et soudaine qui était comme un coup de la verge di-
1 1 Cor. XI, 23.-2 Scluiff, p. 491.
3 La synagogue avait aussi son excommunication commençant par la répréhension — peccatores publiée confundunt — (Vitringa, De Synagoga velere, 731) et aboutissant à l'exclusion. — Ingressns in synagogam ipsi sit proliibitus((». 741). — ^ Rom. XVI, 17; 2ïh.?s?. IlL G, IS; 1 Cor. V, 2.