NULLE OPPOSITION ENTRE L'ÉGLISE ET L ETAT
répée en vain ; car il est ministre de Dieu et vengeur pour punir celui qui fait mal ^ ». L'Apôtre, par ces paroles, remonte des hideuses manifestations de la puissance civile qu'il a sous les yeux, à son principe et à son idée fondamentale. Il y reconnaît une institution divine, la garantie du droit, et par conséquent une condition essentielle du développement moral". Il veut que le chrétien, bien loin de prendre une position hostilij vis-à-vis de l'Etat, lui accorde la soumission et le respect dans les choses qui sont de sa compétence et il regarde comme un devoir de prier pour le prince. Comme il n'y a pas opposition entre le christianisme et l'Etat, le chrétien sera appelé plus tard à remplir ses devoirs de citoyen actif, et à contribuer au bien de tous dans l'ordre temporel, c'est-à-dire au triomphe de la justice. Mais il fallait, pour qu'il entrât dans cette voie, que les conditions générales de la société antique fussent changées par l'influence de la religion nouvelle.
La question des rapports de l'Eglise et de l'Etat ne pouvait se poser au siècle apostolique ; ces rapports étaient bien simples, c'étaient ceux des persécutés aux persécuteurs. Néanmoins, tout, dans les principes chré-
(Rom. Xlll, 2.) Paul, dans ce passage, s'élève à la notion idéale de l'Etat. Il établit qu'il n'y a pas d'opposition entre le christianisme et l'Etat pris en soi ; mais il n'enseigne pas, comme on l'a prétendu^ une soumission sans restriction à la puissance de fait, quelles que soient ses incursions dans le domaine moral. Cette question n'est pas même abordée par lui dans ce passage. On lui impute à tort une doctrine qui, par un détour, reviendrait à l'abolition de la vraie notion de l'Etat, car celui-ci ne serait plus alors le domaine du droit, mais simplement le domaine de la force aveugle et inique.
2 1 Tim. H, 2.