‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 467 sur 613 · LES DEUX INSTITUTIONS DOIVENT ÊTRE SEPAREES · texte numérisé non relu

LES DEUX INSTITUTIONS DOIVENT ÊTRE SEPAREES

tiens, fendait à écarter l'idée d'une association formelle. L'union étroite entre la religion et l'Etat, était l'un des traits les plus caractéristiques delà société païenne, qui subordonnait absolument l'individu à la cité, et prétendait régler sa croyance comme sa vie extérieure. Le christianisme, religion de la conscience, ne voulait que des convictions libres et individuelles. Le respect de l'individualité est né dans le monde avec le respect de la conscience. Une religion d'Etat, quelle que soit son orthodoxie, sera toujours une résurrection partielle de l'idée païenne. Les anciens cultes ne vivaient que par la contrainte et la richesse ; ils vivaient par des forces qui sont étrangères à la religion. Les armes du christianisme sont au contraire des armes spirituelles *. Il rougirait de manier l'épée qui tue le corps, parce qu'il a dans les mains le glaive qui transperce l'âme. Son règne n'est pas de ce monde, et c'est pourquoi il domine le monde entier; il trouve la puissance dans l'indépendance, et la servilité dans la protection. L'Etat n'est pas vis-à-vis de l'Eglise comme la chair vis-à-vis de l'esprit, comme le vieil homme vis-à-vis du nouveau. Lui aussi est d'institution divine; l'Eglise est appelée à agir sur lui, mais seulement par voie d'influence; plus les deux sphères sont distinctes, plus cette influence est grande et pénétrante. L'Etat est la sphère du droit, et par conséquent de la contrainte et de la force, mais delà force réglée et mise au service de la justice. L'Eglise est la sphère par excellence de la liberté, parce qu'elle se recrute par les

» 2 Cor. X, 3, 4.

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