CAIUGTÈRES DE LA PIETÉ INDIVIDUELLE
née dans le monde s'est d'abord accomplie dans les âmes. Il s"est attaché à changer Tindividu, afin de changer par lui la société, et tout d'abord k famille, cette petite société, principe et image de la grande, qu'il a marquée de son empreinte. La religion nouvelle a trouvé dans la réforme individuelle le le\ier avec lequel elle a soulevé le vieux monde. Il est donc bien important de saisir les caractères généraux de la vie chrétienne au premier siècle.
Son principe est l'imitation de Jésus-Christ. Reproduire les traits de cette sainte image, avoir les sentiments qu'il a eus, participer à son humilité, à son renoncement, revêtir ses entrailles de compassion, marcher dans la charité comme il y a marché lui-même, telle est la vocation de son disciple' ; il trouve en son Sauveur une loi vivante et efficace qui donne ce qu'elle commande, selon la belle expression de saint Augustin, Si Jésus- Christ est le type idéal de la piété, il est en même temps son aliment, le pain de Dieu descendant du ciel qui la nourrit-; chaque membre de son corps mystique tire son accroissement de lui par la prière^.
La vie chrétienne des premiers temps semble la vie de Jésus-Christ continuée sur la terre. Ce qui frappe en elle, c'est ce caractère de ferveur sans exaltation, qui la maintient dansles conditions générales de la vie humaine. Ces hommes qui brûlent d'un saint enthousiasme pour la vérité et qui attendent tous les jours le retour du Sei-
1 TouTO çpovîTTS èv 0[J.Tv b y.al âv XptGTU) 'l'/jaoî). (Philipp. 11, 5; Coloss. III, 12, 13; Ephés. V, 2.)
2 Jean VI, '.8, oO. - 3 Ephés. IV, 15, 16.