IL L'A MORALEMENT ABOLI
que les cris de la révolte et les explosious de la juste indignation des opprimés. Qu'on se représente que l'esclave qui, hier, tournait la meule aux champs ou servait son maître comme une bête de somme, sans jamais rencontrer un regard d'affection, s'assoit maintenant avec lui à la table de l'agapc, rompt avec lui le pain de la communion et boit à la même coupe de bénédiction ; il traverse les mêmes épreuves et les mêmes persécutions ; il est traité par lui comme un frère, en tant que membre de la même Eglise. Si l'on se souvient de ce qu'était sa condition quelques années auparavant, on reconnaîtra qu'une immense révolution, qui doit amener toutes les autres, a été opérée. Ajoutons que saint Paul ne s'est pas contenté de proclamer l'égalité des hommes devant Dieu en Jésus-Christ; il a déclaré positivement qu'il était désirable que le chrétien fût affranchi extérieurement comme il l'était moralement. Il lui donne le conseil de ne pas négliger l'occasion de sortir de l'état d'esclavage, toutes les fois qu'elle lui e.st offerte '. Cet avis a une grande portée, surtout si nous tenons compte de la modération de langage nécessaire dans une question aussi délicate, qu'on pouvait rendre politique et sociale par un seul mot imprudent. Le christianisme accepte les affections naturelles du cœur de l'homme, celles du moins qui sont normales, pour les épurer et les pénétrer d'un élément surnaturel et divin qui les rapproche de l'amour véritable. Cet amour pur et dévoué a pour essence l'esprit de sacri-
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