LA CHARITE
fice, et il a reçu son nom comme il avait reçu sou caractère, de rEvangile. Il s'appelle charité'. Nous avons vu sa première manifestation dans le cercle intime de la famille, mais il n'y reste pas enfermé. Il embrasse tous les hommes « dans ses entrailles de compassion « et tandis que l'esprit national dans l'antiquité élevait de hautes barrières entre les divers peuples qui se jetaient les uns aux autres les noms de barbares et d'étrangers, le chrétien ne connaît plus ces distinctions exclusives. Il sait que le genre humain a été formé d'un seul sang ^, et il n'est accusé par Tacite de haïr le genre humain, que parce qu'il est injustement confondu avec le Juif entiché de ses privilèges nationaux. Le contact entre les Juifs et les païens convertis dans les Eglises fondées par saint Paul a contribué efficacement à cet élargissement des cœurs et des esprits; il a préparé la transformation du farouche patriotisme antique, en élevant l'idée d'humanité au-dessus de l'idée de nationalité. Mais c'est surtout dans l'Eglise que l'affection chrétienne trouve son aliment. Un lien spirituel, tendre et étroit est formé entre ceux qui partagent la même foi. Pour mieux marquer qu'ils ne font qu'une seule famille en Dieu , ils se donnent mutuellement le nom de frères ', ils se prouvent leur affection par le baiser fraternel \ ils sont un cœur et
* A'(dTrr,. (1 Cor. XIII, 1.) Ce mot avait une tout autre acception avant le christianisme.
2 'E-o(r,(;é ts è^ cvbç a([xoi.~oq txv eôvs; àv6pu)-wv. (Actes XVII, 26.)
' Rom. VIII, 12; XIV, 10; 1 Cor. VI, 6; Ephés. VI, 10 ; Philipp. I, 14; { 1 Pierre II, 1 7. |
•> Rom. XVI, 16; 1 Cor. XVI, 20; 2 Cor. XIII, 12; 1 Thess. V, 26; 1, 1 Pierre V, 14.