LA CHARITE
une àmc. Devant un spectacle si nouveau les païens et les Juifs doivent s'écrier : Voyez comme ils s'aiment ! Quand un chrétien étranger arrive dans une ville, il y est reçu comme le représentant de sa propre Eglise. Ou se fait un bonheur de le loger; les veuves pieuses lavent ses pieds poudreux ' , selon l'antique coutume de l'Orient, et il reçoit toutes les marques de la plus touchante fraternité. Comme il convient à sa nature, l'amour chrétien se consacre surtout aux pauvres et aux affligés. On sait quelle place d'honneur est faite au pauvre dans l'Eglise. On parle de son élévation, parce qu'on voit en lui Jésus- Christ qui a voulu lui être identifié. La pauvreté a conservé un reflet de la gloire du Dieu abaissé qui l'a revêtue de son libre choix. Nous n'avons pas à rappeler ici les charges créées spécialement pour secourir les pauvres. L'exemple de Dorcas nous apprend jusqu'où allait la charité des premiers chrétiens pour leurs frères affligés, même quand elle n'était revenue d'aucun caractère officiel^. Des collectes abondantes et régulières se faisaient également pour subvenir aux besoins des Eglises qui ne pouvaient se suffire à elles-mêmes.
Les rapports des chrétiens avec le monde avaient été réglés par saint Paul avec une grande sagesse. Il ne voulait point que, par un rigorisme outré et impossible, ils renonçassent à tout contact avec les hommes non encore convertis^. 11 ne les blâmait pas de s'asseoir à ia table des païens *. Il voulait seulement qu'ils ne pactisassent jamais avec le mal et l'idolâtrie.
1 1 Tim. V, tO. — « ActPS IX, 36. — » 1 Cor. Y, 10 — M Cor. X,. -27.