PRESSENTIMENTS DU CHATIMENT DIVIN
Eloignons-nous de ces lieux'. Quatre ans avant la guerre, la ville jouissant de la paix la plus profonde, on vit un homme nommé Jésus, fils d'Ananias, simple habitant de la campagne, s'écrier dans le temple, à la fête ' des tabernacles : «Une voix retentit de l'Orient, de l'Occident et des quatre vents des deux. Cette voix est contre Jérusalem et le temple, contre les époux et les épouses; cette voix est contre le peuple entier. » On essaya de lui imposer silence ; on lui fit subir de mauvais traitements, on le fit fouetter. On ne put lui arracher que ces mots : Malheur, malheur aux habitants de Jérusalem ! Il ne cessa de prononcer ces imprécations, jusqu'à ce que la guerre eût éclaté; il en mourut victime en poussant encore ce cri de malheur -.
Nul malheur ne fut en effet comparable à celui de Jérusalem. Pressée par les armées ennemies, elle était en proie aux factions qui s'entre-déchiraient, et qui étaient au nombre de trois, chacune exploitant à son profit le fanatisme populaire. Il y avait d'abord la faction des zélotes, sous la conduite d'Eléazar, qui, comme leur nom l'indiquait, prétendaient défendre, avec un soin jaloux, la cause nationale; ils se livraient sous ce prétexte a tous les brigandages ^ Elle avait été fortifiée un moment par les Iduméens, appelés par Eléazar pour lutter contre le souverain sacrificateur Ananias; mais ils avaient fini par se séparer de leurs alliés et parles combattre. Jean de Giscala, qui avait fui à Jérusalem après
' Josèphe, Bell, jud., VII. v, 3, ' K>. (V.. (Jos., Bell, jud., VI, v, 3. 3 Jos., Bell, jud., IV, XIII. 9