‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 484 sur 613 · LES TROIS FRACTIONS. HORREURS DU SIÈGE · texte numérisé non relu

LES TROIS FRACTIONS. HORREURS DU SIÈGE

la prise de sa Tille natale et avait soutenu Eléazar, a\ait à son tour organisé un parti.

La malheureuse cité, pressée du dehors par les légions de Titus, devient le champ de bataille de la plus affreuse guerre civile. Elle est pillée et saccagée par ses propres enfants. Ce qui est épargné par une faction, tombe aux mains de l'autre, et les divers partis ne sont d'accord que pour le crime : «La terreur était telle parmi le peuple, dit Josèphe, que personne n'osait pleurer ses morts ni les ensevelir. Les larmes devaient couler en secret, il fallait étouffer ses gémissements ; car si on était découvert, on était égorgé. Il fallait de nuit se hâter de jeter un peu de sable sur les cadavres * » « 0 malheureuse ville ! ajoute Thistorieu, qu'as-tu tant à reprocher aux Romains, qui n'ont fait que te purifier de tes abominations? Tu n'étais plus la cité de Dieu, et tu ne pouvais plus l'être encore, depuis que tu étais devenue le tombeau de tes enfants massacrés -.» Josèphe ignorait que Jérusalem expiait un crime plus grand encore, et que son sol, autrefois sacré, avait été arrosé du sang le plus pur.

Aux horreurs de la guerre civile vinrent s'ajouter celles de la famine. Le peu de subsistances qui restait était dévoré par les brigands, qui parcouraient les maisons, prenaient tout ce qu'ils trouvaient et châtiaient rudement ceux qui n'avaient rien à leur donner, sous prétexte de recel. On voyait sur les toits les fem-

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