‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 485 sur 613 · PRISE DE LA VILLE · texte numérisé non relu

PRISE DE LA VILLE

mes, les enfants, exténués par la faim et poussant d'affreux gémissements ; les jeunes gens erraient comme des spectres sur les places publiques, tombant en tout lieu d'inanition. Un profond silence planait sur la ville, chaque nuit comptait les morts par milliers, et tous ces maux étaient peu de chose comparés aux crimes des brigands ' .

Les sentiments naturels étaient étouffés, et l'on avait vu, spectacle horrible pour les plus grands criminels, une mère tuer et manger son enfant. Le dénoûment du drame approchait. La ville avait été presque complètement cernée par les légions, qui avaient construit un mur d'enceinte; et malgré une défense audacieuse et opiniâtre comme le désespoir, l'ennemi gagnait chaque jour du terrain. Le mur extérieur est envahi, la citadelle Antonia, au nord de la montagne du temple est emportée d'assaut. Toute l'attaque, comme toute la défense, se concentre autour du temple lui-même. Enfin le jour vint où le vainqueur entra avec ses aigles dans le lieu très-saint, mettant fin pour toujours aux sacrifices et aux cérémonies de l'ancienne loi. C'était le 10 août de l'an 70. Le peuple s'était entassé par milliers sur la colline sainte, trompé par un faux prophète, qui avait promis que ce jour-là même un signe de salut lui serait donné dans le temple^. Le carnage ne cessa que quand le bras des vainqueurs fut fatigaé de tuer.

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