‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 486 sur 613 · INCENDIE DU TEMPLE · texte numérisé non relu

INCENDIE DU TEMPLE

Le temple, malgré les ordres de Tilus, fut incendié. Un soldat y jeta un brandon enflammé ; il prit sur lui-même cette audacieuse entreprise, sans avoir reçu aucun commandement, poussé, dit Josèphe, par je ne sais quelle impulsion démoniaque'. Nous savons que cette impulsion venait de plus haut, et que cet obscur soldat était le ministre de la justice de Dieu. En vain Titus ordonne que Ton éteigne le feu, on ne l'écoute pas; chacun, au contraire, l'active avec fureur; il se propage avec une effrayante rapidité. Les Romains oublient leur sévère discipline, « exaspérés outre mesure par le démon de la guerre^. » On eût dit qu'une main mystérieuse les poussait à accomplir ce grand acte de justice. Les rugissements de la flamme se mêlaient aux cris des mourants, et par suite de l'élévation de la colline et des proportions gigantesques de l'incendie, la ville entière semblait en feu. « On ne peut rien imaginer, dit encore Josèphe, de plus vaste et de plus formidable que cette clameur des Juifs, voyant leur temple consumé. Elle répondait à la grandeur de la douleur^. » Tout ce qui restait de l'ancien peuple de Dieu donnait ainsi raison à la lugubre prophétie traitée de folie peu de temps auparavant, et sa clameur terrible lui servait d'écho, pour dire à son tour : Malheur, malheur à Jérusalem ! La prière des meurtriers du Christ était exaucée ; son sang était retombé sur leurs enfants et sur les débris du temple.

» noXî[J.i'/.ifi Tiç bp[i.ri AccSpoiipa.

' Tgîj zâ6ouç à^i'a. (Josèphe, hell.jud.,\\, 5.)

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