PAS DE DEUXIÈME CONCILE DE JÉRUSALEM
Il serait absurde d'inférer de ce passage que Clément, disciple de saint Paul, admet la perpétuité du culte lévitique; mais on y voit percer la tendance à transporter dans l'Eglise l'organisation précise de l'ancienne loi, et à y introduire l'ordre fixe du judaïsme. Evidemment, de telles préoccupations ne se comprennent qu'après la ruine du temple. Les chrétiens, qui étaient accoutumés à le regarder comme leur centre religieux, ont éprouvé une sorte d'effroi après sa destruction ; ils ont cherché d'autres appuis ; ils ont eu peur de la grande liberté qui avait régné jusqu'alors dans le culte et dans le gouvernement de l'Eglise, et ainsi l'événement qui devait consacrer la spiritualité de la nouvelle alliance, a contribué à la ramener, par un détour, sous le joug de l'ancienne.
Nous ne saurions néanmoins admettre, avec un illust^^ théologien allemand, qu'il y ait eu, à la suite de c»' grand événement, un second concile de Jérusalem, où les apôtres survivants se seraient rencontrés et auraient d'autorité institué l'épiscopat. Un fait de cette importance n'aurait pas échappé aux anciens historiens de l'Eglise. Les premiers Pères ne se seraient pas contentés de le rappeler par quelques obscures allusions. D'ailleurs, aucun des textes que l'on invoque à l'appui de cette hypothèse n'emporte avec lui la certitude. Un pareil concile apostolique nous paraît inexplicable au premier siècle; il supposerait une modification profonde delà notion même de l'apostolat, et une révolution radicale des institutions ecclésiastiques ' .
1 L'hypothèse que nous combattons a été mise en avant par Rothc (An-